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Les blogs : info ou influence ?
Les institutions ont appris à composer avec ces nouveaux commentateurs de la vie publique. Pour la rencontre entre Barack Obama et Nicolas Sarkozy, en juillet 2008, l’Elysée avait accrédité une dizaine de blogueurs. « Le critère de base reste la carte de presse, précise Franck Louvrier, responsable de la communication à la présidence de la République. Mais je suis pour ouvrir davantage nos portes aux blogueurs les plus influents. Ceux qui ont une légitimité dans leur métier et dont les blogs sont très fréquentés. » L’Elysée a mis en place une cellule de veille des blogs, dirigée par Nicolas Princen. A Matignon, le service de presse s’en tient au critère de la carte professionnelle. « Pour des raisons de sécurité », souligne Myriam Lévy, sa responsable.
Le Monde (06/03/09)
Blogueurs et pratiques de veille : Emilie Ogez
Aujourd’hui je suis en présence de l’une des plus actives blogueuses en France dans le monde des TIC et du web 2.0, Emilie Ogez.
- On commence par une petite présentation ?
Je suis responsable
Marketing & Communication chez XWiki, une start-up qui édite des
solutions de collaboration professionnelles basées sur le wiki. Je suis
également une Exploratrice du Web et blogueuse sur différentes
thématiques.
- Pourquoi fais-tu de la veille ?
Je fais de la veille pour trois raisons principales :
1)
dans le cadre de mon poste de responsable Marketing & Communication
chez XWiki pour connaître le marché et voir quelles sont les pratiques
et stratégies marketing ;
2) dans le cadre de mon activité de bloggingr ;
3) par curiosité et passion : j’aime découvrir, explorer, tester (mais ce que j’aime le plus c’est de partager).
- Peux tu nous décrire tes pratiques de veille ?
Je ferais la différence entre mes sources d’informations :
-
des alertes Google : beaucoup de bruit mais aussi quelques perles. Elle
complètent bien, je trouve, les informations que je glane via les
autres sources d’information que je consulte. Je fais le tri
généralement assez vite ;
- les blogs que je lis ;
- les listes de diffusion dont je suis membre : veille, carto-infos, HotDoc, etc.
- les lettres d’information auxquelles je suis abonnée: Sociétés de l’information, Thot-Cursus, liens-socio, etc. ;
- du surf sur le Web (vive la sérendipité) : quand je peux.;
-
les informations reçues de mes contacts personnels et professionnels :
il y a ceux qui m’envoient des messages en se disant que ça peut
m’intéresser et les autres qui souhaitent tout simplement amener à ma
connaissance un projet, la création d’un site, etc. Le mail, Skype ou
MSN font en général l’affaire pour ce type d’échanges ;
- les communautés nombreuses et variées : hubs Viadeo, groupes Facebook, etc.
-
les outils de micro-blogging : je ne pensais pas il y a quelques mois
que j’aimerais ce type d’outils. On y trouve une foule d’informations
phénoménale.
Je n’oublie bien sûr pas les colloques, les déjeuners, etc., qui sont également essentiels.
Et la manière dont je m’organise pour faire cette veille :
Il
y a le recueil des informations, leur sélection, leur analyse et leur
synthèse puis leur diffusion (ou pas selon les informations dont il
s’agit). Je ne diffuse pas tout ce que je lis. C’est impossible. Je
commence par les survoler et les sélectionner, puis je les lis plus
attentivement et ensuite je les diffuse via différents vecteurs de
communication (sur mes blogs, à mes contacts, dans des groupes, etc.).
Au coeur de cette activité de veille, on trouve le moteur de recherche Google.
- Combien d’heures consacres tu à la veille par semaine (en moyenne) ?
J’y
consacre concrètement plusieurs heures par semaine (entre 15 et 20
heures) mais ça peut être beaucoup plus. En effet, je suis «connectée»
toute la journée et forcément, on fait souvent de la veille sans s’en
apercevoir.
- Quelles sont les difficultés que tu rencontres lors
de tes veilles ?
Sans conteste, la surabondance d’informations et la gestion du temps.
- Quelles solutions as tu mis en place pour les contourner ?
Pour l’infobésité, j’utilise quelques outils qui simplifient la vie :
- un aggrégateur de flux (comme beaucoup, rien d’original). Je suis personnellement sur Netvibes.
- les liens qui me semblent intéressants sont en général compilés dans mon espace Mister Wong.
- je vais sur Friendfeed au moins 3 ou 4 fois par semaine pour voir ce qui s’est dit dans mon réseau de contacts.
- j’ai installé TweetDeck pour suivre les tweets de mes «amis».
-
j’utilise Wikio également lorsque j’aborde un sujet : le site me donne
une vision à un instant donné de ce qui se dit sur tel ou tel
événement, etc.
Pour la gestion du temps :
J’ai décidé
d’arrêter de dormir. Je plaisante bien sûr… Le plus dur, c’est de ne
pas se laisse disperser. Donc, dans la mesure du possible, j’essaye de
ne faire de la veille, de voir ce qui se passe ailleurs que deux ou
trois fois dans la journée, et non pas dès que je reçois une
information.
Ceci étant, je ne crois pas qu’il y ait de
solutions miracle. On ne peut pas tout voir, tout savoir… Il faut se
faire une raison. Attention, je ne suis pas non plus fataliste ! En
outre, je crois qu’aujourd’hui on est plus dans le filtrage
d’informations que dans le stockage.
- Selon toi, pourquoi la
veille est nécessaire à l’heure des médias sociaux : 1/ pour les
individus 2/pour les entreprises 3/ pour l’Etat
Pour les individus
Internet
offre la possibilité à tout à chacun de se faire sa propre opinion à
partir d’une masse d’informations à laquelle il peut contribuer. Il
peut être informé plus rapidement, sur une multitude de sujets… qu’il
s’agisse d’actualités ou pas. Il n’y a plus seulement les canaux
classiques (journaux, radio et télévision) et une seule et unique
information qui peut s’avérer biaisée. C’est quelque chose qui
n’existait pas auparavant et ça serait dommage de s’en priver.
Cependant, il faut savoir prendre du recul par rapport tout ce qu’on
peut lire sur le Web ; comme dit le dicton, «il faut en prendre et en
laisser». Je crois que l’intérêt aujourd’hui, c’est de multiplier et
combiner plusieurs sources d’informations issues de différents canaux.
Pour les entreprises
C’est
indispensable pour ne pas dire vital. La concurrence, la mondialisation
de l’économie, la rapidité des évolutions technologiques font que
l’entreprise doit intégrer l’information comme un paramètre de gestion.
Toute entreprise souhaitant continuer à prospérer, à évoluer, à offrir
les meilleurs services à ses clients se doit de faire de la veille.
Comment s’adapter, être réactif, pro-actif, et rebondir sinon ? Au-delà
de ça, faire de la veille c’est aussi un moyen de surveiller sa
réputation, ce qui se dit sur l’entreprise, les produits qu’elle offre,
etc.
Le veille est finalement au service de la stratégie d’entreprise.
Pour l’Etat
Pour l’Etat, la veille remplit plusieurs objectifs :
-
avoir une vue suffisamment large sur les marchés, l’économie, la
situation des citoyens et organisations, les tendances (environnement,
etc.), etc. afin de proposer des démarches pertinentes ;
- connaître l’opinion des citoyens, des organisations, etc. directement touchés par les mesures qui sont prises ;
- surveiller l’image de l’Etat, de ses administrés (le président, les ministres, etc.).
- Des prédictions pour 2009 ?
Je n’aime pas trop faire de prédictions mais allons-y :
- une recrudescence d’intérêt pour le micro-blogging ;
-
le développement de services et applications hybrides : jeux vidéos et
réseaux sociaux, mondes virtuels et réseaux sociaux, etc. ;
- une montée en puissance des applications «mobiles» ;
-
au niveau de l’entreprise 2.0, je ne pense pas que ça changera beaucoup
par rapport à 2008 : ça va continuer à avancer mais sans plus ;
- vers plus d’inter-connections entre le virtuel et le réel.
Blogueurs et pratiques de veille : Olivier Mermet
On dit souvent que les veilleurs sont des nocturnes, et je pense que Olivier Mermet est l’un des représentants de cette communauté avec son blog : Blog de veille.
- On commence par une petite présentation ?
Olivier Mermet, 22 ans, étudiant en Msc Adminstration – Commerce Électronique à l’Université de Sherbrooke au Québec.
Blogue depuis un an et demi…
C’est très bizarre de suivre Michelle et Pierre… Je me sens très très petit d’un coup
- Pourquoi fais tu de la veille ?
La veille était à la base un moyen de me tenir à jour sur les innovations technologiques du Web.
Puis
je me suis naturellement mis à fouiller dans le domaine qui m’attire
professionnellement parlant (le marketing et la publicité) pour
m’apercevoir que le Web fourmillait d’informations qui n’étaient pas
mises en avant, mais qui valaient vraiment la peine d’être lues / vues.
La veille me sert aujourd’hui à me tenir au courant de
l’actualité de milieu, à mieux appréhender la vie professionnelle en
observant ce qui se fait, et à être plus pertinent dans les exemples
que je vais utiliser en classe.
La veille publicitaire (que je
pratique de façon intense) permet de voir où se trouvent les nouveaux
talents dans le monde, et d’explorer un peu des cultures alors
inconnues, simplement au travers de créations publicitaires.
- Peux tu nous décrire tes pratiques de veille ?
Rien
de très compliqué : un netvibes très bien garni, quelques newsletters
quotidiennes, quelques forums où l’on trouve des perles inattendues,
les channels youtube / dailymotion et maintenant Twitter où en général
on trouve de l’info de très bonne qualité…
- Combien d’heures consacres tu à la veille par semaine (en moyenne) ?
Il
y a encore un mois, je passais presque 3h chaque jour à chercher de
l’info, et filtrer de quoi mettre sur mon blog. Mais aujourd’hui, les
cours ont repris de façon assez intense et j’ai plus beaucoup de
temps… je dirais entre 1h et 2h en fonction du travail, généralement
réparti entre le matin et le soir.
- Quelles sont les
difficultés que tu rencontres lors de tes veilles ?
La
difficulté que je rencontre généralement c’est le niveau de pertinence.
Il arrive souvent de lire des articles entiers… pour au final ne rien
apprendre. Je préfère trouver de l’information fiable et synthétique.
En termes de « fraîcheur » je n’ai pas trop de problèmes, car j’essaie de
sourcer mes infos au maximum.
- Quelles solutions as tu mis en place pour les contourner ?
Pour
gagner du temps et resté focalisé sur les domaines qui me concernent
(la publicité et les médias sociaux) je me suis créé un flux de sources
de bonne qualité que je lis quotidiennement. J’ai épuré mes lectures.
Cela me manque de « surfer » de blog en blog, mais avec le temps qui
passe, il préférable de rester dans des « eaux sures » pour ne pas
gaspiller de temps précieux…
- Selon toi, pourquoi la veille est nécessaire à l’heure des médias sociaux :
1/ pour les individus
Quelles
que soient vos activités, je pense que la veille est une pratique
inévitable. Ne serait-ce que pour son image en ligne. Il n’est pas
« nécessaire » pour tout le monde de passer des heures en ligne chaque
semaine, en revanche, il est essentiel de garder une bonne image en
ligne, aux vues du nombre de patrons qui « googlent » leurs employés.
2/pour les entreprises
Pour
les entreprises, la veille concurrentielle, est une pratique qui
devient critique. Dépendamment du secteur d’activité, à la vitesse à
laquelle se transmettent les informations, il est nécessaire d’aller
plus loin que les autres en matière d’innovation. De même, il faut
faire attention à ce que VOS informations ne soient pas erronnées. À
l’heure des médias sociaux, la meilleure source d’information sur
l’entreprise se sont… les gens (veille d’opinion) ! On sait très bien
comment observer son consommateur en ligne, mais il y a encore un long
chemin pour arriver à se « l’approprier ». De façon éthique bien entendu.
3/ pour l’Etat
Les
médais sociaux sont une sorte de catalyseur d’opinion. Il n’est pas
difficile de voir si un peuple est mécontent ou non, sur le Web.
Internet est constitué de « traces » qu’il faut savoir dépister. L’Etat
c’est un peu comme une entreprise, mais avec une dimension plus humaine
que la simple relation consommateur / fournisseur. Question politique,
on peut voir l’importance qui est aujourd’hui accordée à Twitter, et
aux opinions des internautes. Les internautes SONT le reflet d’une
population.
- Des prédictions pour 2009 ?
Le Web mobile,
les technologies de traçabilité (RFID / EPC) et l’ouverture des réseaux
soociaux sont les grandes tendances à surveiller, mais je ne crois pas
que ça soit neuf pour quiconque effectue son heure de veille
quotidienne
Le rapprochement des compagnies nées du Web, vers
les grands groupes de communication / Marketing et des applications
concrètes des partenariats nés en 2008 sont à surveiller également.
J’espère aussi voir l’Internet mobile et social prendre son envol… Qui sait!
Blogueurs et pratiques de veille : Jérôme Charron
Je continue la série « Blogueurs et pratiques de veille » avec comme invité aujourd’hui Jérôme Charron l’un des spécialistes du search en France.
- On commence par une petite présentation ?
Jérôme Charron, passionné des moteurs de recherche, je suis tombé dedans tout petit !! Après
avoir lancé la liste de discussion motrech et le blog associé, j’ai
participé au moteur open source Nutch et au lancement du projet Tika. Aujourd’hui CTO de Webpulse (http://www.staragora.com et http://www.shopreflex.com), je n’ai plus le temps de participer activement au développement de Nutch. Je continue cependant à blogguer sur lle blog motrech en compagnie d’Emilie Ogez.
- Pourquoi faites vous de la veille ?
Pour gagner du temps! Pour éviter d’avoir à refaire ou repenser des choses qui existent déjà. Mais aussi pour comprendre et appréhender les domaines proches de mes activités professionnelles et extra-professionnelles.
- Pouvez vous nous décrire vos pratiques de veille ?
Mes
pratiques de veille étaient avant essentiellement basées sur des outils
: Essentiellement Google Reader que je trouve vraiment parfait, Google
Alert (quel bonheur propose maintenant des flux RSS) qui lui en
revanche pourrait être grandement amélioré (manque de fraicheur à mon
sens) et encore quelques mailing lists (hé oui !!!!)
Ma veille se
socialise de plus en plus. Elle devient donc moins systématique, mais
se fait par le biais du « hasard » des réseaux sociaux : Mon réseau
Delicious, Twitter, Facebook (dans une moindre mesure) : Il est à mon
sens aujourd’hui tout aussi important de suivre l’activité de ses amis,
collaborateurs et personnages clés de son domaine pour faire une veille
efficace qui d’utiliser des outils d’alerte sur mots clés.
- Combien d’heures consacrez vous à la veille par semaine (en moyenne) ?
Je
dirais presque autant d’heure que je travaille, puisque pour reprendre
les termes de Jean Marie, c’est une activité en toile de fond. Mais si je devais chiffrer précisément, le temps consacré à la veille, je dirais au moins 3 heures par jour.
- Quelles
sont les difficultés que vous rencontrez lors de vos veilles ?
S’il y a quelques années (mois), ma veille était
essentiellement basée sur les outils, je pestais forcement des
limitations de ses derniers, aujourd’hui l’utilisation des réseaux
sociaux semble me permettre d’avoir une information à la fois plus
précise, mais aussi plus bruitée.
- Quelles solutions avez vous mis en place pour les contourner ?
Aucune
solution réelle. Juste plus de légèreté : si une info importante
m’échappe ce n’est finalement pas si grave : si elle est vraiment
importante, d’autres la bloggueront, ou en parleront sur twitter. Au
final j’aurais accès à cette information importante. Je n’ai pas un
timing critique d’accès à l’information : Détecter les signaux fables
n’est pas une de mes priorités, au contraire détecter les vrais signaux
forts en est une et là c’est beaucoup plus simple.
- Selon vous, pourquoi la veille est nécessaire à l’heure des médias sociaux :
1/ pour les individus
L’individu
peut et doit devenir spectacteur du monde qui l’entoure et Internet est
à mon sens le meilleur moyen qui existe actuellement.
Pour un
individu, faire de la veille, c’est être mieux informé, être plus
critique (à travers un plus grand nombre de points de vue), mieux
maîtriser sa carrière professionnelle, mieux maîtriser sa santé, sa
consommation, ses droits et ses devoirs.
Et finalement, de plus en plus d’internautes font de la veille personnelle sans vraiment le savoir.
2/pour les entreprises
Aucune entreprise ne peut survivre sans un minimum de veille, non ?
L’entreprise doit surveiller et connaître son marché : ses consommateurs, ses concurrents, les tendances, etc…
Existe-t’il encore des entreprises qui ne font pas de veille ?
3/ pour l’Etat
Au même titre qu’une entreprise, un état peut-il survivre sans veille ?
A
l’heure des médias sociaux c’est d’autant plus capital, afin de
comprendre l’état d’esprit des citoyens, leurs attentes et leurs
espoirs.
- Des prédictions pour 2009 ?
Pfou… je n’aime pas ce jeu des prédictions!
Je
me lance : En 2009, Yahoo! avec sa stratégie d’ouverture actuelle va
faire un carton. En mettant son avenir dans les mains des développeurs,
ces derniers vont lui permettre de faire redécouvrir son moteur de
recherche au plus grand nombre. Twitter va enfin trouver un modèle
économique.Netvibes va continuer lentement mais surêment à mourir.
Blogueurs et pratiques de veille : Jean-Marie Le Ray
Notre invité aujourd’hui est l’auteur de Adscriptor, l’un des blogs les plus actifs dans le domaine des TIC et spécialement Google. Je vous laisse donc découvrir Jean-Marie Le Ray et ses pratiques de veille, qui datent depuis une vingtaine d’années.
- On commence par une petite
présentation ?
Jean-Marie Le Ray, traducteur-interprète de
profession, rédacteur, créateur de contenu et accessoirement blogueur sur Adscriptor, où je passe le Web à la
loupe. Français ayant déjà passé plus de la moitié de ma vie hors de France, je
vis en Italie depuis 1982. Marié, un enfant.
- Pourquoi fais-tu de la
veille ?
Voici plus de 20 ans que j’en fais. Initialement une veille terminologique
dans le cadre de mon métier, puisque le traducteur est souvent confronté à la
traduction de termes – généralement anglais – qui ne sont pas encore traduits
dans sa langue, une tendance s’accentuant au fil des ans avec la variété et la
rapidité des évolutions technologiques et scientifiques.
Donc lorsque je me suis connecté pour la première fois fin 1995, il était
tout naturel d’étendre cette veille au fonctionnement du Web dans son ensemble,
pour tenter de comprendre un peu ce qui se passait et ce que nous réservait
cette révolution Internet. Je n’ai pas été déçu…
- Peux-tu nous décrire tes
pratiques de veille ?
Précisons tout d’abord que mes pratiques sont presque totalement
« Google dépendantes ». Après avoir découvert le moteur dès 1999 pour
mes recherches terminologiques, je veille essentiellement autour des outils suivants,
intuitifs et plutôt simples à mettre en œuvre :
- le moteur lui-même,
à travers une bonne maîtrise des syntaxes de recherche ; - GMail, où réunir sans problème de stockage l’abonnement à plusieurs
listes de discussion « pointues » (sur l’IE, le droit, la
traduction, etc.) et plus d’une centaine d’alertes Google, qui
centralisent la recherche dans l’actualité (Google News), les sites Web,
les blogs, les forums et les groupes de discussion. Je peux donc tracer à
volonté n’importe quel sujet cible dans le périmètre linguistique de mon
choix (Obama ne produit pas les mêmes résultats sur le Web U.S.,
francophone, italien ou autre) ; - Google Reader, avec actuellement
plus de 1200 flux suivis, mais ça augmente régulièrement.
Comme vous pouvez le voir, le dénominateur commun des trois points
ci-dessus est la recherche, c’est-à-dire la « garantie Google » de
retrouver au vol les actus qui m’intéressent grâce à la fonction recherche de
GMail et Google Reader. D’autres outils comme Flaptor ou le portail multilingue Wikio s’avèrent également très utiles pour
suivre des thèmes précis, personnes ou sujets, et créer à la volée des flux de
recherche directement gérables sur Google Reader. Tant de par leur simplicité
que par leur efficacité, les flux RSS révolutionnent véritablement la
veille !
En parallèle, autre pôle de veille indispensable, c’est la faculté de
rechercher en local dans presque 10 millions de fichiers et plus d’1 To de
données. Pour ce faire j’utilise dtSearch
depuis des années, que je recommande vivement comme alternative à des solutions
telles que Google Desktop ou
autres, qui n’existaient d’ailleurs pas lorsque j’ai installé dtSearch, la Rolls-Royce de
l’indexation sur PC. A un prix défiant toute concurrence !
- Combien d’heures consacres-tu
à la veille par semaine (en moyenne) ?
Autant d’heures que je travaille, puisque c’est une activité en toile de
fond, toujours présente, indissociable de mon travail et du blogging. Comme
j’ai déjà eu l’occasion de le dire sur Adscriptor, tenir un blog, c’est d’abord
savoir lire et s’informer avant de savoir écrire…
- Quelles sont les
difficultés que tu rencontres lors de tes veilles ?
Pour moi il est évident que les deux points critiques sont l’infobésité et
la gestion du temps : comment discerner les signaux faibles et forts entre
bruits et silences lors de mes recherches et, partant, comment prioriser les
actus, désormais quasiment impossibles à hiérarchiser. Plus le temps passe et moins
je crois à l’efficacité des ontologies, des vocabulaires contrôlés et autres
arborescences diverses et normalisées. Car face à la surabondance exponentielle
de l’info, le problème n’est plus de trier le bon grain de l’ivraie dans une
utopie référentielle où l’on aurait des silos de bonnes données d’un côté, et
de mauvaises de l’autre. Non, la seule solution praticable, c’est de pouvoir
retrouver en un clic ou deux, au moment voulu, l’aiguille enfouie dans la botte
de foin.
- Quelles solutions as-tu mis
en place pour les contourner ?
Vu que les requêtes se font toujours par mots clés, je trouve davantage d’utilité
dans les tags et les folksonomies « spontanées », voire dans les
recherches par fenêtres temporelles. Cela dit, dans le magma non structuré de l’info,
il nous manque vraiment un déploiement généralisé des métadonnées, pourtant annoncé
depuis longtemps avec l’avènement
du Web 3.0, ou Web sémantique, si vous préférez. Puisque l’on aura une
profusion de nouveaux services, dont beaucoup n’auront même pas de site Web
visitable, avec ici et là des parties d’application, de contenu et de données
n’ayant qu’une (non-)existence virtuelle (pensez à l’Internet des objets…),
prêtes à être louées, utilisées, réutilisées, réparées, remixées. Toujours plus
éparpillées sur nos ordinateurs, nos mobiles, sur des capteurs de circulation
placés le long de l’autoroute, dans des applications domotiques, embarquées, etc.
Or comment voudrez-vous vous y retrouver si de nouveaux outils plus
intelligents que ceux que l’on a aujourd’hui ne sont pas réalisés ?
D’autant que notre expérience utilisateur dépendra largement du degré de
sophistication de ces outils, de l’ergonomie et l’intuitivité de leur interface,
outre de leur capacité à m’aider à retrouver l’info pertinente « pour moi,
ici et maintenant ».
- Selon toi, pourquoi la
veille est nécessaire à l’heure des médias sociaux : 1/ pour les individus
2/pour les entreprises 3/ pour l’Etat
1. Pour les individus
Essentiellement pour adopter une attitude active vis-à-vis de
l’information. On ne peut/doit plus s’informer après Internet comme on s’informait avant !
Passer d’une approche top-down à des logiques horizontales,
transversales. La rupture des médias sociaux, c’est l’arrivée de
l’individu
comme émetteur et non plus comme seul récepteur de l’info, de
l’analyse.
J’observe à ce propos que la terminologie de « médias sociaux » a une
portée bien plus ample que celle de « réseaux sociaux », et que l’on
ne saurait confondre les uns avec les autres. Sur Internet, alors
que les réseaux sont limités par essence à leurs membres, dans l’absolu
les médias peuvent diffuser sans
limites, indépendamment des supports de diffusion (texte, voix, vidéo,
musique, graphisme, etc.). Donc l’indépendance de
jugement des individus vis-à-vis de l’info « officielle »,
communiquée d’en haut, sera étroitement proportionnelle à leur aptitude
à se
familiariser et apprivoiser les outils mieux adaptés à la personnalité
de
chacun/e, qui devient ainsi son propre média !
2. Pour les entreprises
Vital ! La veille est consubstantielle à leur survie : saisir les tendances, anticiper,
rebondir, s’adapter. Vite et partout. Car s’il est impossible pour l’entreprise
de contrôler en amont tout ce qui se dit sur elle, émanant autant de ses
clients que de ses concurrents ou du marché, la maîtrise de sa communication
passe forcément aussi par la réactivité, ponctuelle et proportionnée, aux
insatisfaits, aux dubitatifs, aux dénigreurs, aux trolls, etc.
Ne jamais censurer la critique, donc, sous peine d’obtenir l’effet
diamétralement opposé, mais plutôt la laisser s’exprimer librement et la
canaliser autant que possible, avec en conséquence un message clair :
quoique vous disiez, nous sommes à votre écoute et prêts au dialogue. C’est
l’évidence même, et pourtant, combien d’entreprises l’ont compris ?
3. Pour l’Etat
L’Etat est un acteur de la société au même titre que les individus et les
entreprises, dont il est censé être l’émanation démocratique. Par conséquent,
dans la dialectique qui doit s’instaurer entre la « puissance publique »
et les destinataires de ses politiques, il est clair que l’Etat doit
constamment « prendre le pouls » de l’opinion.
Une nécessité que le pouvoir en place semble avoir clairement assimilée,
notamment avec la mise en place, dès mars 2008, d’une cellule de veille confiée
à Nicolas Princen, chargée
de « collecter les informations
nécessaires à l’anticipation des éventuelles menaces
qui pèsent sur l’image présidentielle », et plus récemment avec la publication par le Service d’Information du Gouvernement d’un
appel
d’offres ayant pour objet la « veille des informations diffusées dans les
médias sur internet concernant l’action du Gouvernement ».
En conclusion, autant pour les individus et les entreprises que pour
l’état, veiller est un impératif … darwinien ! Notamment en matière de
gestion de l’identité numérique et de la réputation, des problématiques dont
bien des gens n’ont pas encore pris la mesure, loin de là, comme en témoigne ce sondage…
- Des prédictions pour 2009 ?
En général j’évite ce genre d’exercice. Pour autant, vu
que ma seule prédiction datée janvier 2008 s’est pleinement réalisée (à savoir que
Facebook aurait dépassé le cap des 100 millions d’utilisateurs avant la fin de
l’année), je veux bien tenter un quitte ou double :
- Barack
Obama sera le premier président noir des Etats-Unis, une véritable
rupture : d’abord culturelle, dans l’attente de voir si elle sera
aussi politique, économique et sociale. En tout cas, la tâche sera à la
hauteur de ses ambitions, puisque dans les faits il hérite d’un pays – pas
n’importe lequel, c’est encore la première superpuissance mondiale ! –
au bord de la faillite ; - Microsoft
engloutira Yahoo!
Tout ceci dans un enfouissement permanent des citoyens et
des internautes sous des avalanches d’infos, d’actus et de données en tous
genres, qui produisent un bruit assourdissant. Donc à vos veilles, prêts,
partez !
Blogueurs et pratiques de veille : Vincent Abry
Toujours dans la suite de la nouvelle série « Blogueurs et pratiques de veille », c’est autour d’un autre blogueur qui nous vient du Canada, et qui s’est fait connaître dernièrement pas son classement du Top 100 des blogs basé sur un décompte Feedburner : il s’agit de Vincent Abry.
- On commence par une petite présentation ?
Bonjour Aref, je m’appelle Vincent
Abry et je blogue depuis janvier 2006. C’est assez récent mais mes
premiers sites web remontent à 1999. C’est donc un changement de
direction, du site statique au blog, et je suis loin de le regretter
- Pourquoi faites vous de la veille ?
Je
fais de la veille principalement pour alimenter mon blog et pour
dénicher des nouvelles idées pour de futurs projets. Elle me sert aussi
pour me tenir au courant des mises à jour importantes de certaines
technologies, des nouvelles découvertes et des comportements des
early-adopters sur le Web. Souvent ce sont eux qui dessinent les futurs
tendances qu’adopteront le grand public.
De plus, au rythme où vont les choses actuellement, on est très vite
dépassé dans n’importe quel domaine si on n’effectue pas un minimum de
veille. Regarder la télé ne suffit plus
Lire le journal non plus.
D’ailleurs je lisais très peu avant, voire jamais. Depuis l’arrivée des
agrégateurs de flux RSS je lis autant en une journée qu’auparavant en 1
mois.
- Pouvez vous nous décrire vos pratiques de veille ?
Au tout début j’ai utilisé le
lecteur RSS incorporé dans la page d’accueil personnalisable de Google
(iG) avant de tout bâtir dans Bloglines. Netvibes je n’ai jamais
accroché, je ne sais pas pourquoi. Et puis il y a quelques mois ce fut
la révélation avec Google Reader lorsque j’ai décidé d’approfondir la
chose. L’outil de suivi comme dans Gmail et l’organisation des flux est
tout ce que je souhaitais pour une veille ultra-rapide et optimale.
Pour résumer, la majorité des flux RSS que je suis sont dans Google
Reader et quelques gros flux sont en plus sur ma page Google IG. C’est
90% de ma veille. Le reste c’est exploratoire. Par exemple il peut
m’arriver de taper un mot au hasard sur technorati ou un moteur, puis
suivre les liens et découvrir des merveilles. Des outils comme
Stumbleupon ont une certaine utilité. Il peut aussi m’arriver d’aller
sur des sites comme Hotscripts.com pour voir où on en est rendu au
niveau technique.
Et puis il y a aussi ce petit moteur de recherche que je me suis fabriqué, surfons.com
et qui est idéal pour trouver des images, une vidéo, des actualités,
etc.. en 1 seul clic. Je l’utilise en homepage. J’ai déjà essayé aussi
quelques logiciels de veille, mais je n’ai pas trop accroché.
- Combien d’heures consacrez vous à la veille par semaine (en moyenne) ?
Je dirais 20 heures environ +15 heures de rédaction.
- Quelles sont les difficultés que vous
rencontrez lors de vos veilles ?
Le principal obstacle est le temps.
Un des gros dangers est l’overdose d’information.
- Quelles solutions avez vous mis en place pour les contourner ?
-Le temps: avec Google Reader je l’ai divisé par deux, tellement c’est beaucoup plus efficace que Bloglines.
-L’overdose d’informations: Il y en a tout simplement trop et le plus dificile est de faire
ressortir le 5 à 10% d’info pertinente parmi toutes ces actualités
quotidiennes.
La structure des dossiers joue alors un rôle important. Il faut
être bien organisé dès le départ. Et ne pas hésiter à supprimer des flux
même si ca fait mal au coeur.
- Selon
vous, pourquoi la veille est nécessaire à l’heure des médias sociaux :
1/ pour les individus 2/pour les entreprises 3/ pour l’Etat
-La veille est indispensable pour la
majorité des entreprises, d’ailleurs je ne comprends pas qu’on ne voit
pas plus d’emplois de chargés de veille à l’heure actuelle? Faire de la
veille pour une entreprise c’est une question de survie si on ne veut
pas se faire laisser sur place par la concurrence. Avec la montée en
puissance du web social, l’entreprise dispose d’un bel échantillon de
consommateurs qui ne se gênent pas pour donner leur opinion. Faire de
la veille permet à la société d’écouter, de s’adapter et éventuellement
corriger certaines situations.
-Pour l’individu en fait faire de la veille sur le web aujourd’hui
c’est la même chose qu’il y a 20 ans lorsqu’on regardait la tv, lisait
le journal ou que l’on était abonné à telle revue spécialisée. Je crois
que les outils présents sur le web (newsletters, agrégateurs RSS,..)
permettent aujourd’hui à tout le monde d’effectuer sa propre veille
personnelle non seulement pour la culture générale mais aussi pour
suivre ses passions ou pour épater ses copains de classe ou collègues
de travail ![]()
-Pour l’Etat je ne me suis pas penché sur la question donc je préfère
ne pas dire de bêtises. Par contre si tu as des éléments de réponse je
suis preneur.
- Des prédictions pour 2009 ?
La
veille va inonder les acteurs du web et les entreprises. C’est déjà
fait mais ca va s’accentuer au fil des mois et années à venir. Et alors
peut être que d’ici 2 ans je pourrai postuler à un emploi de chargé de
veille dans un domaine qui me plaît!
Blogueurs et pratiques de veille : Michelle Blanc
Blogueurs et pratiques de veille : Pierre Chappaz
Blogueurs et pratiques de veille : Geoffroi Garon
Blogueurs et pratiques de veille : Geoffroi Garon
Après Michelle et Pierre, c’est le tour de Geoffroi, l’un des blogueurs canadiens spécialistes dans le KM. Je vous laisse découvrir donc ses pratiques et sa vision de la veille
On commence par une petite présentation
?
Mon nom est Geoffroi Garon et je détiens
une maîtrise en communication organisationnelle de l’Université
du Québec à Montréal (UQAM) et un baccalauréat en anthropologie
sociale et culturelle de l’Université Laval. J’interviens depuis
quatre ans à titre de conseiller en stratégie Internet, d’expert
et coach entreprise 2.0, d’anthropologue Web social. Je suis actuellement
conseiller pédagogique en nouvelles technologies et e‐learning à
la Société GRICS. Je suis blogueur depuis 2005, je contribue à plusieurs
blogues professionnels et je m’intéresse aux nouveaux phénomènes
du Web.
http://www.biotope.tv
http://education.biotope.tv
http://communaute.biotope.tv
Pourquoi faites vous de la veille
?
Je fais de la veille pour être au
courant des nouveautés dans les domaines qui m’intéressent, pour
en apprendre plus sur de nouveaux sujets connexes et pour alimenter
mes blogues spécialisés.
Pouvez-vous nous décrire vos
pratiques de veille ?
Je suis abonné à plusieurs
flux RSS de blogues par thématiques. J’utilise depuis 2005, le service
Web « Bloglines » qui me permet d’organiser par catégorie les fils
RSS. J’en suivais 200 dans mon premier compte et j’en suis 120 dans
mon deuxième. J’ai commencé un nouveau cycle de veille avec la découverte
de nouveau blogues. La blogosphère a évolué rapidement et je voulais
rafraichir ma veille avec une liste de nouveau blogueurs.
J’ai aussi automatisé des recherches
sur Wikio et sur Twitter en utilisant les RSS de recherche par mots-clés,
en français et en anglais. Beaucoup d’information pas toujours pertinentes,
mais je découvre des informations sur les nouvelles sources d’information
et les tendances potentiels du Web.
J’utilise aussi un compte Delicious
pour conserver mes favoris (bookmarks) et les indexer avec des mots-clés.
J’ai aussi commencé à créer un « network » pour suivre les ajouts
d’autres blogueurs et experts.
Combien d’heures consacrez-vous
à la veille par semaine (en moyenne) ?
Je dirais 5 heures en moyenne !
Quelles sont les difficultés
que vous rencontrez lors de vos veilles ?
Quelles solutions avez vous mis en place pour les contourner ?
Le service Web « Bloglines » à quelques défauts, mais la nouvelle
version, encore en béta, règle les petits désagréments. J’ai expérimenté
Google Readers, mais pas vraiment aimé l’expérience. Je sais qu’il
y a plusieurs avantages et plugins qui accompagnent Google Readers,
mais je ne suis pas encore converti ! Oui il y a beaucoup de nouveaux
messages, mais je ne me casse pas la tête et je peux ne pas consulter
certains résultats, les effacer et attendre les prochains billets
dans angoissé d’avoir raté quelque chose. On ne peut pas tout suivre!
Surtout que je m’intéresse à plusieurs domaines à la fois.
Selon vous, pourquoi la veille
est nécessaire à l’heure des médias
sociaux :
1/ pour les individus
Dans un monde de plus en plus numérique,
l’identité Web est très importante. « Googler » son nom permet de
voir ce que les gens auront comme information sur nous via le Web.
Il est important que les individus contrôlent leur personnalité Web,
sinon quelqu’un d’autres pourrait le faire à leur place.
2/pour les entreprises
Les entreprises surveillent de plus
en plus leur employé, surtout avant l’embauche, sur les traces de
leurs activités sur Internet. Il utilise bien sur Google, mais aussi
les réseaux sociaux, comme Facebook, pour en savoir plus sur la personnalité
de l’individu et son réseau d’amis et de contacts.
3/ pour l’État
Les nouveaux groupes de pression passent par les réseaux sociaux. Facebook,
par exemple, permet de créer des groupes pour ou contre quelque chose
ou quelqu’un. Les gens exploitent très bien le potentiel de faire
du marketing viral via ces réseaux. Les instances publiques ont tous
intérêts à suivre les tendances via les médias sociaux. (Twitter,
microblogging par exemple)
Des prédictions pour 2009 ?
Je crois que les options de filtrage pour consulter les résultats
(pertinence) dans un lecteur de flux RSS est en voie d’amélioration.
Déjà Google Reader permet un filtre qui indique le « Pagerank » du
site d’où proviennent les résultats dans l’interface de lecture.
L’automatisation de la captation et du filtrage sera important.
Je crois surtout qu’il y aura encore
plus d’offre de compagnies spécialisées en intelligence économique
ou de firme conseil qui offriront des analyses plus personnalisé des
tendances dans divers secteurs. Même des consultants deviendront des
« agents intelligents » qui joueront le rôle d’intermédiaire entre
le Web est les organisations.
Blogueurs et pratiques de veille : Pierre Chappaz
2ème billet de la série Blogueurs et pratiques de veille : cette fois avec un entrepreneur-blogueur-investisseur (je m’arrête là ;–) ) que j’ai pu découvrir lors du lancement du nouveau Wikio. Il s’agit de Pierre Chappaz qui nous donne sa vision de la veille dans cette interview.
- On commence par une petite présentation ?
Pierre Chappaz , centralien, après une carrière dans le Marketing High Tech, a fondé le comparateur de prix Kelkoo en 1999 et a dirigé la société pendant 5 ans. Kelkoo , devenu l’un des services Internet les plus utilisés en Europe, a ensuite rejoint le groupe Yahoo! en 2004.
Après quelques mois passés à la tête de Yahoo! Europe, Pierre a fondé Wikio en 2005 avec Laurent Binard et une équipe de développeurs.
Pierre Chappaz est également actionnaire de Netvibes , éditeur d’un Portail personnel qui connait actuellement un grand succès parmi les bloggeurs, et Président du conseil d’administration de Photoways (tirage de photos en ligne) et de eBuzzing (plateforme de mise en relation annonceurs/bloggeurs).
Passionné par la mutation des medias, Pierre Chappaz publie un blog rapidement devenu une référence sur le Web 2.0: Kelblog.
- Pourquoi faites vous de la veille ?
je fais de la veille avant tout pour savoir ce qui ce dit
dans les medias et sur les blogs, concernant les sociétés dans
lesquelles j’ai un intérêt (parce que j’en suis dirigeant ou
actionnaire). je fais aussi de la veille pour savoir ce qui se passe
dans les domaines qui m’intéressent le plus (Web2.0, blogs, …).
- Pouvez vous nous décrire vos pratiques de veille ?
c’est simple, mon outil de veille c’est Wikio. J’utilise le site français wikio.fr , et le site américain Wikio.com
. Sur ces deux sites, j’ai créé des pages d’information personnelles
(onglets) en entrant simplement les mots-clés qui m’intéressent: Wikio
me signale ensuite automatiquement tous les articles correspondant à
ces sujets. L’onglet apparait corné quand il y a du nouveau. J’utilise
également Wikio pour m’abonner aux flux rss des blogs qui m’interessent
le plus.
Voici
par exemple une copie de mes pages personnelles sur Wikio.fr, regardez
les onglets de gauche à droite: tous les articles concernant Wikio sont
dans le premier onglet, les onglets suivants m’informent de tout ce qui
se publie au sujet de Netvibes, Hellotipi et eBuzzing, des startups
dont je suis actionnaire, ensuite j’ai un onglet sur Google, un sur
Digg, un sur le Web2. Le suivant, Blogs High Tech, regroupe en fait mes
abonnements rss à une trentaine de blogs français que j’apprécie, comme
AccessOweb, Adscriptor, Blogonautes, Cours…Laurent…Cours, etc (je
les cite volontairement par ordre alphabétique). Ah oui! pour revenir
aux onglets, j’ai aussi comme vous le voyez sur la copie d’écran une
page d’info sur la blogosphere, une qui regroupe des flux de blogs de
journalistes, l’onglet twit est un flux Twitter qui m’informe de tout
ce qui se dit sur Wikio sur ce réseau, et à droite j’ai une page
réservée aux podcasts que j’écoute de temps de temps en temps, par
exemple les coulisses de l’économie de BFM.
- Combien d’heures consacrez vous à la veille par semaine (en moyenne) ?
entre
1 heure et 3 heures par jour, selon mon apétit ! certains jours, je
lis des centaines et des centaines d’articles , c’est une véritable
addiction
- Quelles
sont les difficultés que vous rencontrez lors de vos veilles ?
La répétition de la même
information par des centaines de medias et de blogs constitue du bruit.
Mais en même temps, sur les sujets qui me tiennent à coeur, je veux
être absolument sûr de ne pas louper une info essentielle.
Précisemment, sur Wikio, qui indexe tous les articles des medias et
ceux des meilleurs blogs, nous utilisons un ranking qui nous est propre pour faire ressortir l’information la plus pertinente.
- Selon
vous, pourquoi la veille est nécessaire à l’heure des médias sociaux :
1/ pour les individus 2/pour les entreprises 3/ pour l’Etat
Pour les individus, bien sûr,
vous avez les gens connus, qui veulent pouvoir suivre tout ce qui se
dit pour eux. C’est mon cas, je suis dans mon onglet Wikio ce qui se
dit sur moi. Mais l’essentiel pour les individus, c’est de suivre les
infos correspondant à leurs passions ou à leur job. Ainsi, on peux
avoir envie de lire tout ce qui concerne la Chine, le Foot, Britney
Spears ou le Marketing par exemple.
Pour les entreprises, la veille me semble être d’abord une question
de communication (savoir ce qui se dit sur l’entreprise, ses hommes et
ses produits), et ensuite de veille concurrentielle (surveiller ses
concurrents). Les entreprises sont souvent en retard dans l’utilisation
de l’outil Internet , par exemple elles ont encore recours à des revues
de presse photocopiées à partir des journaux papier, alors que Wikio
propose l’équivalent d’une revue de presse automatique.
L’Etat, comme les entreprises d’ailleurs, devrait être très
attentif à ce qui se dit dans la blogosphere. C’est un reflet de
l’opinion publique, et même des leaders d’opinion…
Blogueurs et pratiques de veille
Je lance une nouvelle série de billets sous forme d’interview de certains blogueurs connus dans le monde des TIC, marketing, web 2…concernant leurs pratiques en matière de veille. La première personne que j’aurais le plaisir de vous présenter aujourd’hui est quelqu’un que j’estime et j’apprécie beaucoup. Quelqu’un qui a de la passion pour son métier et qui a su se démarquer par sa transparence et sa force de caractère. Il s’agit de Michelle BLANC, l’un de mes premiers lecteurs canadiens, et qui a été le tremplin vers le public canadien pour ce blog. Je vous laisse donc avec cet échange et je remercie Michelle pour sa sympathie et pour avoir accepté de participer à ce jeu
On commence par une petite présentation ?
Michelle Blanc est
l’une des premières titulaires de la M.Sc. Commerce électronique, avec
une spécialisation en gestion, au Canada. Madame Blanc a de nombreuses
publications scientifiques, de recherches, didactiques et de
vulgarisation en plus d’animer le blogue michelleblanc.com qui est l’un
des coups de cœur de la prestigieuse revue de marketing française
Strategies.fr et son blogue est classé comme l’un des plus influents
blogue techno francophone mondial selon plusieurs sources. Elle est
aussi coauteure de Pourquoi Bloguer dans un contexte d’affaires a aussi
été impliquée dans de nombreux mandats d’analyses, de stratégies et de
conseil de gestion et de marketing Internet dans un grand éventail de
secteurs industriels. Mme. Blanc a prodiguée ses conseils stratégiques
et analyses, aussi bien pour des entreprises Fortune 500, que des PME
ou organisation gouvernementale ou associative au Canada et à
l’étranger. Elle fait d’ailleurs partie du groupe des 50 experts
canadiens consultés par Industrie Canada afin de déterminer les
objectifs et politiques du gouvernement du Canada en matière d’économie
numérique pour le marché intérieur ou pour la position canadienne aux
forums internationaux comme l’OCDE. À titre de conférencière, madame
Blanc a débuté son parcours à l’illustre Council on e-business
innovation du Conference Board of Canada et as par la suite fait de
nombreuses conférences ici et ailleurs.
Madame Blanc est aussi la
cofondatrice et présidente de Yulbiz.org, groupe de gens d’affaires qui
s’intéressent aux blogues et de blogueurs qui s’intéressent aux
affaires. Deux ans après sa création, Yulbiz est déjà dans 5 pays.
Pourquoi faites vous de la veille ?
Je
fais de la veille afin de savoir et de comprendre qu’elles seront les
tendances technologiques, marketing et communicationnelles qui
apporteront des bénéfices d’affaires à mes clients.
Pouvez vous nous décrire vos pratiques de veille ?
Je lis les blogues, les magazines spécialisés et j’utilise de plus en plus Twitter comme source d’informations pertinentes.
Combien d’heures consacrez vous à la veille par semaine (en moyenne) ?
Je
fais de la veille 5 heures par semaine pour mon blogue et plusieurs
heures additionnelles qui sont payés par mes clients et ces heures
varient en fonction des mandats qui me sont octroyés.
Quelles
sont les difficultés que vous rencontrez lors de vos veilles ?
Avec l’expérience et la connaissance des outils et
des corpus, je n’ai pas de difficultés particulières étant donné que je
suis rapidement capable de juger de la pertinence de mes sources.
Quelles solutions avez vous mis en place pour les contourner ?
Grâce
à des outils comme Technorati ou Wikio qui permettent de visualiser
rapidement l’influence d’un blogue, je n’ai pas de difficulté
particulière à évaluer la pertinence.
Selon vous,
pourquoi la veille est nécessaire à l’heure des médias sociaux : 1/
pour les individus 2/pour les entreprises 3/ pour l’Etat
La
veille est nécessaire pour les individus puisqu’ils doivent « contrôler
» leur image personnelle sur le web parce que de plus en plus
d’employeurs visiteront leurs divers profils afin de décider de les
embaucher ou de leur donner (ou non) une promotion. Pour les
entreprises, la veille permet d’acquérir une avance concurrentielle sur
la compétition, permet de savoir quels sont les innovations
susceptibles d’accroître les bénéfices, augmenter la satisfaction
client ou de baisser les coûts. De plus, les entreprises se doivent de
suivre les conversations à leur propos (brand monitoring) afin
d’améliorer les lacunes que leurs services ou produits peuvent avoir et
d’instaurer un dialogue avec les clients, dialogue qui peut déjà avoir
lieu à des endroits divers de la toile.
Pour les gouvernements,
la question de la démocratie en ligne devient de plus en plus
importante. On se rend compte aussi à quel point aux USA ou en France
le marketing politique se fait de plus en plus en ligne. La veille,
dans ces circonstances, deviens un outil essentiel d’appréhension des
changements et de mise à jour des politiques gouvernementales. Par
exemple, dans la rédaction des lois nationales, il devient de plus en
plus pertinent de comprendre les mouvances technologiques et
sociologiques qui existent sur le Web, afin de rédiger des lois qui
seront efficaces et qui prendront en compte les réalités numériques qui
peuvent être très différentes des réalités physiques. L’économie
numérique a aussi ses propres contraintes qui divergent avec celles des
économies traditionnelles. Il est donc important pour les instances
gouvernementales de comprendre et de s’ajuster à ces réalités.
Finalement, dans l’aspect service aux citoyens, les gouvernements ont
des économies d’échelles importantes à faire s’ils arrivent à numériser
leurs prestations aux citoyens. Ils se doivent donc d’en comprendre les
mécanismes efficaces…
Des prédictions pour 2009 ?
L’entrée
massive des jeunes de la génération Net va changer radicalement les
manières de gérer les TI dans les entreprises. Ces jeunes ont
l’habitude de l’informatique personnelle qui est beaucoup plus en
avance que l’informatique d’affaires et ils vont exiger d’avoir accès
aux outils qu’ils connaissent (pensons à Skype, Facebook, blogue, chat,
etc.). Twitter est aussi un outil qui m’excite beaucoup. Ce n’est pas
encore un outil qui est utilisé par la masse, mais les utilisateurs
précoces qui y sont déjà, sont les « supergeek » qui sont aussi les
blogueurs influents et se retrouvent dans le 2e groupe le plus influent
du Web, après les médias traditionnels. Il est donc impératif de
comprendre de quoi ils discutent entre eux et de débuter un dialogue
avec eux. Ce dialogue pourra se retrouver dans leurs blogues pour être
ensuite repris intégralement par les médias traditionnels.

