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[Journées Porte Ouverte] L’extimité à l’ère du 2.0 par Julien GARDERON (seconde partie)
Posté par Julien Garderon dans Non classé le 2 septembre 2010
Le pain du bon peuple internaute
Sur une île déserte, nous n’existons que pour nous-même; il en est de même avec Internet. Plus que la profusion des détails, la multiplication des actualités amène à une vérité. C’est osé, j’en conviens. Mais je ne reprends ici que les traces des premiers bloggeurs anonymes, qui balançaient sur leur boite ou leur milieu. Sur eux-même il ne donnait rien ou presque, du moins pas l’essentiel qui fonde l’identité comme une image, un nom, une adresse ou quelques mots sur leurs goûts et envies. Lus parce qu’ils postaient, régulièrement, des anecdotes ou des observations délicieuses.
C’est rentré doucement mais surement dans les mœurs. Aidée par certains parallèles entre la rumeur et le buzz sur un certain abandon des sources et de la vérification des informations, la chasse est devenu au fil du temps celle du contenu. Les radios se battaient pour des fréquences, des télé pour allonger la durée du temps de cerveau disponible, les journaux pour les signes dans une page. Mais balayée la chasse au contenant: le numérique amène à l’infini ou presque de l’espace disponible. On en vient à vendre des sites dits de « contenus », dont le coût est à la proportion de leur nombre d’items, sans grand regard sur la qualité.
Publier ou mourir est le saccerdoce d’Internet.
Cette chasse au contenu favorise, selon moi, de facto les réseaux sociaux. Ce ne sont que des outils plus simples et plus ludiques qui remplacent les blogs et leur nécessité de rédaction. Quoi que, des contre-exemples existent…
… Bref, l’essentiel à retenir à mon sens est la création de son intimité par le partage de morceaux de sa vie. Cette extimité devient une ressource inépuisable de contenus… en ces temps d’écologie, une ressource renouvelable. Facebook qui n’est alors plus un service de partage mais un « banal » éditeur de contenus en ligne: en juxtaposant des publicités ciblés au stream de ses inscrits. Il gagne de l’argent par 500 millions de rédacteurs plus ou moins fidèles; un territoire où les écosystèmes, encore eux, de relations humaines évoluent. Un écosystème où cohabite le biotope Facebook et sa biocénose de profils.
Il n’y a qu’un pas pour traduire ce dernier point en généralité: le profit génère naturellement des possibilités d’expansion pour l’extimité, car il donne la possibilité de se réaliser au-delà de soi et d’être (re)connu par les autres, ce qui réjouit notre égo et flatte nos instincts voyeurs.
Cette recherche du profit crée à la fois le support et la possibilité pour tous de créer son propre contenu, le diffusant à ceux que nous voulons ou presque; puis le biotope se rémunère en créant autour de ses contenus des publicités. Cela peut enfermer la personne dans une bulle collective où se rapprochent d’autres personnes qui lui ressemblent, profitant des aspects communautaires pour la laisser dans une attitude captive. Mais j’y reviendrai un peu loin.
Liberté parce que rupture
En amateur de Jacques Attali, je ne peux ici que reprendre un extrait tiré des Cahiers d’Ernst & Yong en 2007, nommé Éloge de la rupture – Mécaniques et dynamiques du Changement: « L’homme est passé d’une idéologie de l’immortalité, de l’éternité, du répétitif à une idéologie de la liberté. Et la liberté, c’est précisément le droit à la rupture.«
Au fond Internet serait aujourd’hui assez bien résumé (mais c’est là toute la hauteur de ma simple opinion) comme un terrain de liberté car de ruptures: une production et une consommation en masse mais gratuites, de nouveaux droits mais sans devoirs, des nouvelles possibilités mais sans maîtrise des nouvelles menaces, des informations partagées en temps réel mais sans être vérifiées.
« Oui mais » : la rupture y trouve là une définition étrange, presque inquiétante. Au delà, il faut donner au plus grand monde pour prouver que ce que l’on apporte est nouveau, et donc différent. Et donc en rupture avec ce qui existe. Un buzz est une rupture. Le buzz serait une rupture continue, comme un flux qui ne se tarie jamais.
Face à de tels flots, le journalisme aujourd’hui dit « classique » est emporté, renversé par un nouveau journalisme « citoyen », par un partage de l’information qui n’est plus la mise en perspective. Si tant soit peu cela était fait avant, il s’agirait d’avantage à nos numériques jours de coller des morceaux pour créer une réalité plus en adéquation avec notre vision du monde. Elle-même faite par une construction de nos connaissances et de nos ressentis, par un cycle sans fin d’influence réciproque…
Et le rapprochement des morceaux sont ceux que l’on aime et ceux que l’on rejette tout en même temps. L’actualité même n’est plus assénée par quelques éditorialistes qui donnent le ton. C’est une tendance qui se dessine, que les journaliste traditionnels tentent d’appréhender (cf. le lancement de « l’affaire Zahia » sur Internet puis son développement dans la presse papier).
Et chacun voit sa propre actualité, qui le préoccupe. En continue, en rapport avec sa propre intimité: les agrégateurs et les outils de partages sont alors des relais d’une extimité médiatique sur notre projection de nous-même et de notre environnement dans l’actualité du monde que l’on donne maintenant à voir au monde. C’est-à-dire que l’on montre visiblement (et ostensiblement souvent) ce qui nous intéresse dans l’actualité et donc, in fine, ce que l’on est.
L’actualité du Web est devenue une caisse de résonance alimentée principalement des attentes des acteurs (nous-même) et de ce que nous produisons soit par le partage, soit par la création.
Toujours dans ce même cahier et pour l’anecdote, Roland Cayrol nous éclaire et nous donne une explication pour les actions de communication des politiques: « Ce n’est pas un hasard si, dans chaque camp, celui ou celle qui a retenu les faveurs des Français entend précisément rompre avec la langue de bois, le tranquille ronron des mots en « isme » et de la politique politicienne. » Tiens, Elisabeth Guigou n’a pas dû le lire. La pauvre en serait presque encore à tenir des raisonnements, parfois.
L’extimité est identitaire
Doit-on voir dans l’éloge de la rupture continue un argument d’un retour en masse du religieux? La discontinuité reste la menace d’un lendemain incertain pour des générations qui n’ont connu que des cités cimetières, une télévision qui prônait l’abondance et un pseudo-hédonisme, puis l’impression de communiquer avec le monde entier… mais toujours dans sa communauté. Les forums dématérialisent sans remplacer la culture, le verbe ou les codes sociaux qui fondent les relations humaines. Je communique « mieux » (car plus souvent) et plus loin, mais toujours avec moi-même, avec mon semblable. Ce ne sont plus des classes sociales mais pudiquement des salons et des communautés. Ici Internet n’est plus le vecteur de la rupture mais le lien identitaire: le texte accompagne la croyance. La croyance que l’autre est à la fois différent mais semblable, qu’il m’accepte, que je le connais, qu’il me comprend. On en revient à une idylle forcément déçue. C’est aussi un nouveau règne de l’abondance: les questions trouvent des réponses, des multitudes de réponses. Un piège qui peut se refermer facilement.
Car ceux qui apportent des réponses sont toujours de pair-à-pair: rumeur, science et foi sont ici sur un pied d’égalité numérique, de pseudonyme ou de nom de domaine. Mais la première est plus sexy, la seconde semble approximative et complexe… la troisième est par principe absolue et définitive pour le croyant. Le média de la rupture devient alors le délicat ronron de la bonne morale et des ragots, parfait fin XIXe. La rupture des ruptures serait-elle de conserver?
Je crains que nous ayons perdu l’unité républicaine en laissant la liberté républicaine à elle-même, sur Internet comme dans l’ensemble de la vie civile réelle; c’est-à-dire en rupture face à la liberté pure: la première semble tellement plus restreinte que la seconde parce que le respect qu’elle impose se traduit par la modération de soi-même dans l’espace d’échanges. Liberté républicaine ? Pas assez en rupture. La liberté doit être absolue, en rupture avec tout, même de son socle politique. Elle en serait idéologique parce que pleine et entière, finale: cet ensemble des croyances que j’évoquais plus haut.
On se regroupe et on se montre tel que l’on veut être vu dans son groupe: l’extimité est aussi une source de nouvelles identités. Sites de rencontres, sites professionnels, réseaux sociaux, communautés sont accessibles par un seul courriel mais avec combien d’alias?
C’est tout le débat passionnant autour de la place et du rôle des multiples profils numériques qui fleurissent pour une même personne. Mais la différenciation des profils n’est-elle pas le reflet de rupture que l’on créé avec l’autre ? Un jour je suis ainsi, un jour autre chose.
Rupture est le maître mot; l’extimité est un moyen.
Message de service : pause annuelle
Posté par Aref JDEY dans Non classé le 22 mars 2010
Juste pour signaler que Demain la veille sera en pause annuelle, dans quelques jours. Je pars au Japon pour quelques semaines et je suspends ainsi les publications, revues et autres productions. La reprise est prévue dans quelques mois, d’autres priorités dans mon agenda sont à l’odre du jour. Je tiens à remercier les lectrices et lecteurs du blog ainsi que la communauté Facebook, qui font de ce site l’une des références en la matière. Les réponses aux mails et autres demandes d’informations/collaboration se feront vers le début du mois de mai, donc pas d’inquiétude pour les retards
D’ici là, vous pouvez toujours consulter le livre blanc de la e-réputation ou encore me faire part de vos retours concernant mon dernier ouvrage « Le projet collaboratif 2.0« . A très bientôt.

Petit rappel à propos de la ligne éditoriale de « Demain la veille »
Posté par Aref JDEY dans Non classé le 26 février 2010
Une petite piqûre de rappel à mes lecteurs concernant la ligne éditoriale du blog, histoire de clarifier les choses et éviter les problèmes de communication et d’interprétation.
Ce blog dispose de deux rubriques que je vous invite à consulter : la rubrique A propos qui présente le blog et sa ligne éditoriale et la rubrique Mentions légales qui revient sur les aspects juridiques régissant la production et la mise en ligne de ce site.
Par ailleurs, je précise encore une fois que chaque contenu publié ne fait appel à aucun moyen ni document relatif à mes activités professionnelles et mes autres statuts comme adhérent, formateur, membre de communautés professionnelles… Je m’appuie uniquement et exclusivement sur des contenus librement accessibles, ouverts à tout internaute et vérifiable par tout un chacun. Les sources mobilisées sont expressément citées, pour éviter tout malentendu. Ma ligne éditoriale, mon éthique et mon métier ne me permettent pas de court-circuiter certains processus ni à faire appel à des moyens et des méthodes floues.
Aujourd’hui, avec la démultiplication des canaux de diffusion/transmission, et le rétrécissement des délais, le risque de fuite de données et/ou d’informations en ligne (volontaire ou accidentelle) est accru. J’invite ainsi tout un chacun à vérifier ses sources qu’elles soient numériques ou personnelles, à recouper les versions et à prendre du recul, avant la prise de décision. Un conseil (si je peux me permettre
) Evitez de vérifier la règle « les cordonniers sont toujours les plus mal chaussés« .
Une information vérifiée, un contenu de qualité et une indépendance professionnelle constituent le gage de la ligne éditoriale de Demain la veille.
Happy Birthday Demain la veille
Posté par Aref JDEY dans Non classé le 13 novembre 2009
C’était en novembre 2008 que ‘Demain la veille’ a été lancé, après une aventure de près de 4 ans sur Vtech. Aujourd’hui, ce blog fête sa première bougie, et l’aventure continue avec un ensemble de défis à relever, et un public de plus en plus exigeant et de qualité. Je tiens à remercier tout un chacun parmi les lecteurs, les membres des différentes communautés en ligne ainsi que les lecteurs passagers, pour leurs encouragements, leurs critiques, leurs avis…
Quelques chiffres pour cette première année :
- Près de 2500 abonnés au flux RSS
- Près de 600 membres de la communauté Facebook
- Plus de 1200 followers sur Twitter, et 100 listes spécialisées
- 450 articles, 560 commentaires (sans les retweet)
- Une moyenne de 2000 visiteurs uniques par jour
- 2 minutes 30 comme temps moyen passé sur le site
- Taux de rebond de moins de 20%
Les 5 articles les plus lus :
- Facebook, un danger public
- Cartographie des outils de veille et de traitement de l’information
- E-réputation, la boite à outils du veilleur
- Twitter pour les nuls
- E-réputation, cartographie des outils de veille
Les 3 mots clés les plus recherchés :
- Demain la veille
- Facebook danger
- Veille documentaire
Les 5 principales sources de trafic :
- Netvibes
- Accès direct
Je serais curieux d’avoir vos retours, vos suggestions et demandes d’améliorations pour l’année qui suit, et s’il y a des cadeaux, je ne les refuserais pas
Flashmob orgasmique pour Virgin Media
Posté par Aref JDEY dans Non classé le 20 août 2009
No comment
Insolite : Michael Jackson ressuscite dans une bibliothèque
Posté par Aref JDEY dans Non classé le 28 juin 2009
Michael Jackson sur les notes de Billie Jean à la bibliothèque de Limoges
Message de service : destination Tokyo
Posté par Aref JDEY dans Non classé le 1 avril 2009
Gérer son identité sur le web
Posté par Aref JDEY dans E-réputation, NTIC, Non classé, Web 2.0 le 1 avril 2009
Officiel : www.arefjdey.com en ligne
Posté par Aref JDEY dans Non classé le 30 mars 2009
J’ai le plaisir de vous annoncer la mise en ligne de mon nouveau site web www.arefjdey.com qui s’inscrit dans le cadre de ma nouvelle stratégie de communication en ligne.
Un nouveau nom de domaine personnel, en .com, un design novateur, sobre et élégant et un nouveau territoire du web sur lequel je m’implante. La gestion de son image (Personal branding), de sa réputation en ligne…passe notamment par une présence « soignée » sur le web.
L’idée de ce nouveau projet, est d’avoir un site vitrine, une carte de visite web, qui décrit rapidement mon profil et agrège les différents espaces sociaux sur lesquels je suis présent. Un travail de référencement est en cours de mise en place pour améliorer le positionnement du nouveau site.
Le design est l’oeuvre de Matthias, un designer allemand, qui se base sur jQuery et les microformats. Il est optimisé pour les navigateurs Firefox, Safari, Opera, Chrome, IE7 et IE8. Pour les internautes utilisant IE6, il est probable d’avoir quelques soucis d’affichage.
Je suis preneur de vos retours sur la fond et sur la forme, mais aussi sur la démarche en matière de gestion de son identité numérique et de sa marque personnelle. N’hésitez pas aussi à diffuser l’adresse dans votre entourage, à utiliser la bannière de partage en bas à gauche du site, bref
un max de buzz
Merci
Aref
Demain la veille et la « net attitude »
Posté par Aref JDEY dans Non classé le 20 novembre 2008
Pour une meilleure visibilité du nouveau site, voici une sélection de boutons d’abonnements à des services web 2.0 : Facebook, Twitter, Netvibes et autres leceurs de flux
N’hésitez pas à faire circuler le lien
D’ailleurs je me demande combien de ‘followers’ j’aurais d’ici la fin de semaine, 100 ? 200 ? Je compte sur vous !!!








