La chaîne du Qatar adopte une des stratégies les plus cohérentes et globales pour asseoir son hégémonie médiatique et financière, et indirectement son poids comme outil de lobbying pour l’Etat du Qatar. Cette stratégie inclut entre autres le rachat des droits de diffusion de matchs, l’investissement financier dans les clubs de sport (nous parlons là d’intelligence sportive, ou la mobilisation de l’intelligence stratégique dans le milieu sportif), etc.
Depuis l’année dernière et les évènements du « printemps arabe », la chaîne a connu un développement fulgurant, poussant même Hillary Clinton à citer ce média comme référence dans le milieu, en dépit notamment d’une politique controversée de couverture de certains évènements pour des raisons géopolitiques évidentes.
Au-delà de ces aspects comportant assez de zones d’ombres, ce qui nous intéresse ici c’est plutôt la nouvelle stratégie mise en oeuvre depuis peu par la chaîne pour développer sa présence sur les médias sociaux et surtout, s’en servir comme outil d’influence.
En concurrence avec les chaînes câblées, notamment aux USA, Al-Jazeera compte beaucoup sur Internet comme levier de développement. La chaîne ne peut avoir des ressources déployées partout dans le monde pour couvrir des évènements dès leur apparition. Elle s’appuie donc sur le journalisme dit citoyen, en rediffusant par exemple les vidéos filmées par les internautes, ou encore en développant un réseau d’informateurs locaux via Twitter ou Facebook.
Dernière opération en date, la création d’une chaine dédiée sur Youtube pour la diffusion de vidéos didactiques présentant les services phares du web 2.0 : Facebook et Twitter. Une première étape dans la fidélisation des internautes et une manière indirecte de les inscrire dans une logique d’affiliation. Les premières vidéos sont déclinées en version turque et bosniaque ainsi qu’en anglais.
Selon le directeur des médias sociaux de Al-Jazeera, Riyaad Minty, il s’agit d’une première initiation aux réseaux sociaux, qui sera approfondie de plus en plus dans les prochains mois, avec des focus sur les publications de contenus, leur mobilisation comme outil de défense des causes, et surtout d’aller au-delà de la consommation de contenus.
Au programme, il est attendu des publications concernant l’usage des terminaux mobiles en situation de crise ou encore la collaboration avec les newsrooms en fournissant des contenus produits par les citoyens. Par ailleurs, la chaîne étend sa présence sur les médias sociaux en fournissant des applications mobiles de transmission directe, tout comme un réseau de journalistes très actifs sur Twitter. Le Média Lab de Al-Jazeera publie régulièrement ses dernières avancées et derniers projets sur son compte Google+. Sachant que sur le même réseau, la chaine dispose de plusieurs pages dédiées aux différentes éditions, comme ici pour Al-Jazeera English.










