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[Journées Porte Ouverte] L’extimité à l’ère du 2.0 par Julien GARDERON
Posté par Julien Garderon dans Identité numérique le 26 août 2010
J’ai le plaisir d’accueillir aujourd’hui, dans le cadre des Journées Porte Ouverte, un jeune diplômé de l’ICOMTEC, passionné des Technologies Nouvelles et de Politique : Julien GARDERON. Dans cette tribune, une première de ce genre dans ce blog, Julien aborde la notion d’extimité, à partir d’un angle inédit : celui de la politique. Je vous laisse découvrir donc cette première partie, la deuxième sera disponible à partir de mardi prochain. Et comme d’habitude, la tribune est ouverte pour vos commentaires, interrogations et critiques… soyez indulgents me glisse-t-il dans l’oreille
L’extimité: le pain et les jeux contemporains
L’écosystème de Mme Guigou
« Mon écosystème » note, en tête de gondole, Elisabeth Guigou sur son blog. Sous la présidence de François Mitterrand, elle sera une des principaux diplomates envoyés au front pour négocier le traité de Maastrich, comme Ministre déléguée aux Affaires Européennes. Les mots, cette ex de l’ENA connait: elle ne se laisse pas reprendre. A raison. Mais alors quel est cet environnement qu’elle affiche ?
Son écosystème renvoie à son flux Twitter (peu personnalisé, les messages ont tous un rapport à son activité politique, où l’on devine son collaborateur), à son compte Dailymotion (ses interventions en séance principalement), Facebook (c’est à la mode de mettre son profil de badge) ou encore son « profil sur le site de l’assemblée » -sa page de présentation-, et le flux RSS du site.
Rapprochons maintenant ces quelques éléments de la définition d’écosystème:
« Un écosystème comprend un milieu, les êtres vivants qui le composent et toutes les relations qui peuvent exister et se développer à l’intérieur de ce système.
L’écosystème est la plus grande unité d’étude de l’écologie, elle peut même s’appliquer à la terre qui peut être considéré comme le plus gros écosystème terrien contenant toute la vie sur la planète terre.
Un écosystème est composé de deux éléments la biocénose qui est l’ensemble des êtres vivants et le biotope qui est le milieu. L’écosystème est un ensemble de vie équilibré, autonome, stable et complexe. »
Peu importe la source ici: nous retiendrons la dernière phrase. Car au fond, le terme est plutôt bien choisi par Elisabeth Guigou et son équipe.
Internet est encore bien (trop) souvent vu par nombre de responsables publics comme un canal de diffusion à sens unique… ou entre personnes de même tendances. Pas que des politiques, mais le parallèle est trop beau pour ne pas dériver tranquillement sur l’extimité. Oh certes, il y a toujours des enquiquineurs à venir commenter, des « pour » et des « contre ». Mais un blog, c’est chez soi: la porte d’entrée de ce que l’on dit, ce que l’on lit, ce que l’on suit. Cela ravit le militant et donne l’image du général qui contrôle ses troupes à l’extérieur, qui les étale en montrant au monde le nombre de ses fidèles qui le follow. Inconsciemment ou non, elle a reproduit là le rêve ultime du politique qu’est une communication dans une sphère clos grâce à Internet. Doux paradoxe… Un parallèle peut-être plus frappant: en campagne, le candidat ou l’élu est entouré de son équipe et de ses soutiens. Un candidat ou un élu ne voit jamais les discours enflammés de ses opposants dans leurs réunions publiques. Peut-être veux elle retrouver ici cette zone de confort de parler sans opposition marquée?
La représentation d’un tel écosystème, de ses échanges, de sa complexité, peut être ces cartes qui dessinent les liens entre des sites. Des renvois de pages en pages qui construisent à travers des points d’accès généralistes -des sites d’information ou des blogs d’observateurs-, comme des ponts entre des sphères qui ne se rejoignent jamais. La biocénose est ici l’ensemble des sites qui vive sur un biotope fait de serveurs et de services. On se suit, on s’épie et même parfois on se commente… par voie de presse, pas sur le net.
Ma première vision de l’extimité est celle-ci: montrer à ceux qui vous acceptent complètement, sans vous remettre en question. Ils doivent vous suivre sur tous les supports, accepter le message en l’état. Dans un tel environnement, un tel écosystème, tout est calibré et mis en scène. L’image de l’intime exposée et contrôlée: c’est bien l’extimité, version politique. La peoplisation, les personnalisations sont des reflets de ce qui se joue peut-être dans l’inconscient de nos décideurs et qui se traduit d’une manière nette et simple sur Internet. J’avance ici, profitant d’être dans une tribune libre, que ce reflet n’est en rien créé par le média mais facilité par lui. Permettant d’avantage, il encourage ce que je suppose être plus ou moins la tendance chez tout homme. Les simples badauds ne sont alors, sur le blog d’Elisabeth Guigou, que d’avantage sous l’admiration de celle qui se dévoile et dévoile ses combats au monde, sans opposition apparente.
Le jeu du bon peuple internaute
Quittons la sphère politique quelques instants.
Je fais un pari: être absent sur les réseaux sociaux tout en maîtrisant parfaitement l’outil deviendra un must pour un professionnel. On prouve à la fois son détachement et sa capacité à faire. On protège aussi son image de photos ou pseudos compromettants, une certaine distance « classieuse ». De toute façon un vrai professionnel ne fait pas: il conseille. Éventuellement il peut avoir fait, comme le général a de hauts faits d’arme de corps-à-corps, mais jamais au moment où il est général. Il se bat oui, mais dans l’ombre des soldats qu’il mène à la victoire et de ses propres conquêtes.
« Je peux mais je ne le fais pas » ou le comble du luxe dans une société où l’envie est synonyme d’impératif. Digression teintée d’ironie qui me permet de résumer en creux le concept d’Apple.
Le MacBook est cher et est un vulgaire ordinateur portable mais il est utile à mon développement et le développement de mon image personnelle vers l’extérieur.
L’iPhone 4 fait la vidéo et même visiophone: peu importe si les autres téléphones portables le font depuis des années, je dois changer l’ancienne version, qui passe en quelques instants à l’antiquité. Parce que je suis la tendance de la représentation de la modernité, pas l’innovation véritable.
L’iPad ne sert à rien mais c’est joli et super marrant quand on passe son doigt sur l’écran.
Bref j’ai des produits Mac: j’appartiens donc à la caste Mac. J’ai mieux compris que le quidam moyen qui a un produit d’une autre marque et qui ne peut pas connaître le must de ce qui se fait en informatique, pauvre idiot qu’il est.
J’exagère mais à peine, sauf peut-être pour quelques aficionados qui ne manqueront pas de réagir. Apple est une entreprise comme les autres, et comme toutes les autres le charme risque de prendre fin un jour. A part le Nutella, rien n’est éternel m’a dit un jour un proche ami.
Vous me direz quel est le rapport avec l’extimité? Tout! Ou presque.
Apple a le mérite d’avoir remis au goût du jour par l’iPhone deux choses essentielles, délaissées par l’OS mobile de Microsoft, qui faisait plus ou moins le gros des ventes jusqu’alors: l’installation de paquet par le réseau, facilitant l’installation de logiciels à la volée (et donc à la liberté de l’usage par le réseau de téléphonie mobile) et une interface utilisateur riche mais simple et ergonomique. Il a lancé médiatiquement (et non techniquement) un mouvement, aujourd’hui repris par d’autre comme Droid de Google.
Cela n’a l’air de rien mais le téléphone portable était déjà un relais mobile depuis quelques années déjà de notre intimité: carnet de contacts, SMS, appels, photos, sons, vidéos, et la possibilité permanente d’être joignable. L’utilisation d’un téléphone permettant de joindre de manière ludique et efficace les réseaux sociaux ont brouillé des lignes claires entre vie privée et publique non plus seulement pour des personnalités publiques, mais aussi pour des citoyens lambdas comme vous et moi.
Le réseau social est alors à prendre sous deux angles:
- un partage facile avec ses contacts pour l’utilisateur,
- une création de contenus pour le propriétaire du service.
J’y reviendrais dans le point suivant, sur une construction économique qui s’en est suivie.
Nous pouvons désormais non plus seulement faire un broadcast one-to-one avec notre téléphone mais également (et principalement ?) one-to-all. L’intimité mobile devient l’extimité nomade. On donne à voir par moment, des messages courts ou des contenus multimédias, ce qui nous entoure. Ces morceaux s’assemblent pour donner l’illusion d’une vie qui serait intégralement retranscrite. Mais qui ressemble d’avantage à celle vue à travers les films, où les acteurs ne vont jamais aux toilettes, ne montrent pas certaines souffrances, et ignorent superbement une réalité physique (ou économique).
Par nos commentaires, par nos réactions, nous donnons à ces contenus une valeur symbolique forte de notre appartenance à une communauté (je suis ici, j’achète ceci, je partage cela) et une autre symbolique toute aussi forte d’être car l’on est dans une dynamique d’actualité permanente chez nos contacts et plus largement les internautes, à savoir deux facettes distinctes que sont le buzz pour l’ensemble du web et le stream pour nos contacts.
J’avoue qu’Apple était ici un exemple parfait pour entrevoir la possibilité qu’il a offerte, existante auparavant mais réservée à une élite technophile. Et bien sûr mettre en avant une certaine dérive commerciale loin des messages modernistes de la firme, ce qui me permet une parenthèse critique sur l’agressivité de sa communauté, Steve Jobs en tête.
La suite la semaine prochaine !
Après les nettoyeurs du net, voici les croques-morts 2.0
Posté par Aref JDEY dans Identité numérique le 22 août 2010
J’ai parlé il y a près de 2 ans des problématiques liées à la gestion de l’identité numérique d’un individu décédé, et les risques que ça génère, en utilisant le terme « identité numérique post-mortem ». Depuis, d’autres productions ont commencé à voir le jour allant dans ce sens. Profitant de cette vague de tendance, certains n’hésitent pas à se faire de l’argent pour « nettoyer les traces » que vous pourrez ainsi laisser sur le Web. Même si je n’adhère pas à ce type de discours et de positionnement éphémère, voici qu’une autre population de prestataires commencent à germer, notamment aux USA. C’est ce que j’appelle les croques-morts 2.0. Sur les traces de Facebook et de Twitter, qui proposent quelques actions à suivre en cas de décès d’un utilisateur, ces sociétés monnayent un certain nombre de services.
De quoi s’agit-il ? Tout simplement de sociétés qui vont faire le ménage après votre décès, mettre en application vos testaments numériques… Un système de vérification permet de savoir si vous êtes encore en vie (ou pas) par l’envoi systématique de mails, et en absence de réponse, la personne que vous auriez recommandée sera notifiée. Coûtant une trentaine d’euros, les services proposés par des sociétés comme AssetLock.net, Legacy Locker ou Deathswitch, sont à mon avis une cible de rachat par des cabinets d’avocats, notamment spécialisés en NTIC. Même si la nouvelle tendance est bien existante, le volet juridique peine à suivre, sans parler des enjeux sociaux et éthiques qui peuvent en découler.
Facebook se moque de votre vie privée
Posté par Aref JDEY dans Identité numérique le 29 avril 2010
Facebook suscite toujours la polémique quand il s’agit de gestion de la vie privée de ses utilisateurs. La dernière en date est relative à la possibilité d’afficher les photos privées et non accessibles depuis le profil d’un utilisateur, même si ce dernier a limité l’accès uniquement à ses proches.
La faille est facile à vérifier, notamment sur le profil du patron de Facebook même : Mark Zuckerberg.
Dans un premier temps, il faut afficher la page de profil de l’utilisateur (soit dans vos contacts soit via la recherche de profils). Ensuite, une fois que vous êtes sur la page, vous devez insérer un bout de code dans la barre d’adresse.
javascript:(function(){CSS.removeClass(document.body,%20'profile_two_columns'); tab_controller.changePage("photos");})()
Et comme par magie, vous accédez directement aux albums et photos qui n’étaient pas visibles il y a quelques secondes auparavant ! Donc vérifiez encore une fois vos paramètres de confidentialité, et évitez d’ajouter des photos privées
NKM présente un projet d’identité numérique
Posté par Aref JDEY dans Identité numérique le 1 février 2010
La secrétaire d’Etat au Développement de l’économie numérique, Mme Kosciusko-Morizet, a présenté lundi à la presse le label IDéNum qui évitera de mémoriser identifiants et mots de passe. Grâce à un support (mobile, carte à puce, clé USB, MP3) contenant un certificat d’identité, l’internaute n’aura plus qu’à composer un code PIN pour s’identifier. (…) Le label IDéNum rassemble, sous la houlette de l’Etat, plus de 20 partenaires, comme la Fédération bancaire française, la Fédération française des Sociétés d’Assurance, La Poste, SFR ou la Caisse des Dépôts et Consignations. Ces partenaires, et ceux qui pourraient les rejoindre, doivent encore se mettre d’accord sur le modèle économique. L’Etat pourra être amené à participer, mais ne financera pas tout, a précisé la secrétaire d’Etat.
France 2 (01/02/10)
E-réputation et identité numérique : le best of 2009
Posté par Aref JDEY dans E-réputation, Identité numérique le 4 janvier 2010
Camille de Caddereputation vient de faire un très bon travail de synthèse et de rétrospective sur les problématique de la e-réputation, que je salue et vous invite à consulter. J’en profite par la même pour vous proposer un complément de sélection d’articles et de productions de qualité qui ont marqué l’année 2009 :
- Le guide identité numérique et e-réputation par Oseox
- Le guide Cultivez votre identité numérique par les Geemik
- Typologie des risques liés à l’e-réputation par Digimind
- Réputation numérique : gestion de l’image de soi sur la toile
- Réseaux sociaux et Réputation – Enquête Deloitte
- Maîtrise et gestion d’une identité numérique
- Identité numérique Post-Mortem …
Très bonne lecture
Facebook s’en fout de votre intimité
Posté par Aref JDEY dans E-réputation, Identité numérique, Réseaux sociaux le 13 décembre 2009
Vous l’avez peut être constaté récemment, Facebook a changé les règles de paramétrage de la confidentialité de vos données, le 9 décembre dernier. A priori tout a bien ! Sauf que c’est loin, très loin d’être le cas
En acceptant le passage des anciens paramètres aux nouveaux, proposés par Facebook, et pour résumer, pratiquement toutes vos données deviennent accessibles : à vos contacts, aux contacts de vos contacts, à Google, donc à pratiquement tout le monde. Lesquelles données comprennent évidemment vos photos, vos coordonnées, vos listes de contacts…
Ce tableau (Via)vous permet de mieux cerner l’ampleur de cette escroquerie :
Globalement, on s’aperçoit que :
- Vos photos qui n’étaient visibles que par vos contacts, deviennent visibles par les contacts de vos contacts
- Vos préférences politiques, vos relations familiales…disponibles uniquement pour vos contacts, deviennent accessibles pour tout le monde
- etc…
Donc, par précaution, et si vous êtes soucieux de votre identité numérique et de votre e-réputation, vous êtes invités à revisiter et revérifier vos paramètres de confidentialité, dans les menus associés, et surtout de faire les simulations de visualisation de profil par vos contacts.
L’USURPATION D’IDENTITÉ SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX
Posté par Aref JDEY dans Identité numérique, Réseaux sociaux le 9 décembre 2009
On parle d’usurpation d’identité dans le cas où une personne cherche à obtenir, détient ou utilise les informations personnelles d’une autre personne sur Internet, sans autorisation et dans un but frauduleux. De nos jours, ce type de pratique est très courant sur les réseaux sociaux. En effet, le principe des sites de réseaux sociaux est d’inciter leurs utilisateurs à révéler le maximum d’informations concernant leur intimité : plus on dévoile sa vie privée, plus on a accès à celle des autres. Le fait de divulguer des détails sur sa vie privée donne ainsi des armes aux personnes mal intentionnées.
En France, aucune loi ne punit directement l’usurpation d’identité sur Internet. En revanche, l’usurpation constitue un délit dans un cas bien précis : celui « de prendre le nom d’un tiers dans des circonstances qui ont déterminé ou auraient pu déterminer contre celui-ci des poursuites pénales » (2). Bien entendu, il faut que cette usurpation s’accompagne d’une volonté de nuire à la victime, de lui créer un préjudice, qu’il soit matériel ou moral.
Conseil Juridique (09/12/09)
Protection de l’identité en ligne : sensibiliser par la vidéo et le Web 2.0
Posté par Aref JDEY dans Identité numérique le 10 novembre 2009
Outre un message télévisé qui met en vedette le porte-parole de la campagne, l’animateur télé Denis Talbot, l’ISIQ exploitera une présence en ligne sur les réseaux sociaux Twitter et Facebook, en français comme en anglais. Ces réseaux serviront à diffuser des messages, mais aussi à interagir avec les internautes.
Également, le site Web monidentite.isiq.ca, qui est dédié à la campagne, a été adapté en anglais et bonifié de nouveau contenu, dont une formation en ligneportant sur le vol d’identité, offerte par le partenaire Terranova, et un guide d’aide à la configuration d’un compte sur le réseau social Facebook. Un répertoire, composé de quelque 500 hyperliens vers des ressources en français qui ont trait à la sécurité sur Internet, est aussi offert par le biais du service en ligne Del.icio.us.
Direction Informatique (10/11/09)
Google Dashboard centralise vos données en un seul endroit
Posté par Aref JDEY dans Identité numérique le 6 novembre 2009
À première vue, ce n’est qu’un service de plus dans la constellation Google. Pourtant, contrairement aux autres produits lancés jusqu’à présent par la société américaine, cette nouvelle application web n’a finalement qu’une seule mission : centraliser l’ensemble de vos informations possédées par la firme de Mountain View. Surnommé Google Dashboard, cet outil vise donc à informer l’internaute des données qu’il a choisi de fournir en s’inscrivant sur tel ou tel service de Google.
Avec la multiplicité des services lancés par le géant américain depuis dix ans, il n’est en réalité pas si évident de se souvenir du paramétrage exact de chaque compte, de chaque profil. Or, pour un internaute un minimum pointilleux sur sa confidentialité et son identité numérique, cela devient un véritable casse-tête. Par ailleurs, l’arrivée du Google Dashboard donne une nouvelle opportunité à l’entreprise américaine de jouer la transparence et de souligner qu’elle n’a jamais dévié de son slogan, « Don’t be evil ».Régulièrement ciblée par les internautes, la firme peut désormais brandir une nouvelle preuve de sa bonne foi.
Numerama (05/11/09)




