Facebook dispose depuis un bon moment d’une des plus grandes bases de renseignement personnalisé au monde. En plus, c’est une base fréquemment mise à jour, dynamique et évolutive puisqu’elle vit au rythme de ses utilisateurs. Avec quelques 800 millions d’inscrits, les conversations autour de marques, de produits et de personnalités ont encore un bel avenir.
Si des éditeurs de veille se sont déjà emparé de ce créneau en intégrant les flux de ce réseau social dans leurs offres, avec plus ou moins de pertinence et de difficultés (sémantique, technique, fonctionnelle…), il me semble que Facebook peut jouer un rôle de challenger, même indirectement.
En effet, il y a quelques jours, et à l’occasion des présidentielles américaines, Facebook a annoncé sur son blog, le lancement d’une opération de veille sur le buzz lié aux candidats, avec en prime une analyse des sentiments. Cerise sur le gâteau, Facebook décrit de manière assez claire la démarche :
Facebook will compile mentions of the candidates in U.S. users’ posts and comments as well as assess positive and negative sentiments expressed about them. Facebook’s data team will use automated software tools frequently used by researchers to infer sentiment from text.
Avec à l’appui une capture visualisant le prototype et le résultat :

Donc Facebook dispose des technologies et des ressources nécessaires pour conduire ce type d’opérations. Il y a du calcul d’occurrence pour la volumétrie des citations des candidats, des équipes de chercheurs et de linguistes pour l’étude des tonalités, avec une automatisation (plus ou moins exhaustive) du processus. Quant à l’analyse à proprement parler, Facebook s’allie avec Politico pour la restitution finale des résultats.
A travers ces premiers éléments, il est évident que des opportunités de mobilisation de technologies de surveillance et d’analyse des conversations soient bien présentes, et certainement se développeront de plus en plus. Les élections sont un premier exemple, mais il n’est pas exclu que des évènements commerciaux, sportifs, internationaux de grande envergure soient aussi à l’étude. A titre d’exemple, je pense au SuperBowl, à la coupe du monde de football, à des sommets internationaux comme Davos, voire même des catastrophes naturelles comme le dernier séisme japonais.
Si Facebook ne se positionne pas forcément comme un éditeur de veille, il est envisageable qu’il étudie des pistes de partenariats et de rapprochement avec d’autres structures, soit pour une meilleure valorisation des contenus et des insights, soit par la vente des données agrégées, ou la mise à disposition de tableaux de bord de suivi pour les marques, etc…
Les paris sont ouverts ! Avec une remarque de poids pour finir : si vous ne payez pas pour ce service, c’est que vous êtes le produit !