Archives de la catégorie E-réputation
Outils de veille : entre rêve et réalité
Posté par Aref JDEY dans E-réputation, Outils de veille le 11 août 2010
Je réponds dans ce billet à la publication de Camille concernant les outils de veille et pourquoi ça ne marche pas (ou si peu), puisque j’ai estimé qu’un commentaire n’était pas très adapté.
Les deux arguments présentés par Camille sont recevables et reflètent une partie de la réalité du sujet traité qui est la veille image ou d’opinion. Pour rappel, le premier est relatif aux corpus de sources fournis par les éditeurs et qui ne sont pas toujours adéquats aux attentes des clients. Le deuxième argument revient sur « la tectonique des sphères du web ».
Toutefois, je pense qu’il y a d’autres paramètres qui rentrent en jeu pour éviter les amalgames et établir une vision la plus claire possible du marché des logiciels de veille (en France comme ailleurs).
- Un des premiers « éléments perturbateurs » consiste dans la sémantique utilisée (par les éditeurs, par les utilisateurs et par les acheteurs). Le terme solution (utilisé par Camille) est révélateur d’une certaine « idéologie » dans les projets de veille, que certains appellent aussi ‘le bouton magique’. Solution a été intégré (maladroitement, avec une reprise de l’anglais) dans les discours français sans se rendre compte que cet artefact qu’est le logiciel de veille, avant même qu’il soit acheté, installé et opérationnel soulève divers problèmes à plusieurs niveaux : sécurité, compétences, organisation, gestion, finances…Quant au deuxième terme : il s’agit de « sourcing« , qui à ce jour ne dispose d’aucune définition claire et partagée par les professionnels ici en France, donc chacun fait ce qui lui convient
- Pour rappel (historique), le choix de certains éditeurs de proposer des corpus de sources pré-paramétrés (même s’il y a des raisons d’ordre économique pour ça) n’est pas toujours viable. Seuls aujourd’hui les agrégateurs de presse et les bases de données professionnelles rentabilisent convenablement ce choix. Maintenir des bases de données de X milliers de sources renouvelables, mouvantes et mourantes coûte cher pour les éditeurs. Ce choix ne s’explique pas uniquement par les coûts mais aussi par « la pression » de certains professionnels de disposer de packages de sources à l’époque
Ce choix peut s’avérer aujourd’hui inadéquat dans certains projets de veille image. - Concernant les projets de veille e-réputation, deux options sont disponibles pour un client : soit disposer d’une offre dite généraliste (adaptée aux différentes problématiques de veille) comme ce qui se trouve ici en France, ou faire appel à un éditeur spécialisé uniquement sur ce créneau. Ceci pour dire que les avantages du généraliste constituent aussi ses limites/inconvénients. Je rappelle aussi que le positionnement d’un éditeur est lié étroitement à la vision de ses dirigeants à long terme, qui se déclinent à travers des choix de roadmap RD, d’interfaces, et donc d’offres. Donc si la veille image ne représente qu’une niche, il paraît évident qu’une posture opportuniste paraît la plus adéquate, sans justifier des virages et des changements de cap qui peuvent remettre en cause la vie de l’éditeur.
- Les éditeurs spécialisés en e-réputation se permettent donc pour des raisons de taille et dans une logique de pénétration du marché de s’appuyer sur l’existant en terme d’API des grands fournisseurs de contenus comme Google, Yahoo, Facebook et Twitter.
- Par ailleurs, les arguments présentés par Camille, s’adressent plutôt aux opérationnels/veilleurs, qui sont dans une majorité des cas (d’après ce que j’ai pu voir) les utilisateurs de l’application et non les acheteurs ni les clients finaux. Donc il est évident que les forces commerciales des éditeurs s’adressent plutôt au public des acheteurs et des clients finaux qu’aux opérationnels, tout en leur fournissant un minimum d’arguments d’ordre technique et fonctionnel. Et c’est là qu’il y aura un décalage entre valeur promise, valeur attendue et valeur perçue.
- Enfin, la nature même des contenus, des supports et des canaux disponibles aujourd’hui sur le Web pousse à faire appel non pas à un seul outil mais plutôt à toute une armada : logiciels de surveillance, logiciels de crawl, logiciels de classification, logiciels de cartographie… Le but étant de couvrir de manière intelligente les différents espaces d’échanges des internautes.
Licenciés à cause de Facebook : le best of
Posté par Aref JDEY dans E-réputation, Réseaux sociaux le 1 août 2010
Même si les cas recensés de licenciement à cause des réseaux sociaux sont généralement des exceptions, ils matérialisent néanmoins les risques encourus par des internautes en terme d’image et d’employabilité. Le site Huffington Post a ainsi sélectionné 13 cas de licenciement causés par une overdose d’expression sur Facebook. Nous y trouvons notamment :
- une femme suisse en arrêt maladie qui surfait sur Facebook
- les 13 membres de cabine chez Virgin insultant les passagers sur un groupe Facebook
- un enseignant américain publiant des contenus controversés sur le réseau social
- Mais aussi cette femme qui insultait directement son patron alors qu’il faisant partie de sa liste de contacts
Une video assez éloquente et ludique (en anglais) présente par ailleurs de manière caricaturale les risques liés aux réseaux sociaux quand on est salarié :
Etude : les jeunes sont soucieux des paramètres de confidentialité sur Facebook
Posté par Aref JDEY dans E-réputation le 31 juillet 2010
C’est Danah Boyd et sa collègue Eszter Hargittai qui l’affirment dans une étude parue récemment et intitulée : Facebook privacy settings : Who cares ? Ce travail de recherche a porté sur les usages et comportements de jeunes utilisateurs (18 et 19 ans) de Facebook en 2009 et 2010. (Via RWW)
Les chercheurs se sont basées sur 5 questions pour conduire leur étude :
- A quel point le focus médiatique sur la politique de Facebook sur la vie privée a impacté les comportements des utilisateurs et contribué à changer leurs paramètres de confidentialité ?
- Quels liens entre fréquence d’utilisation et modification des paramètres de confidentialité par les utilisateurs ?
- Quels liens entre confiance dans la politique de confidentialité de Facebook et les pratiques des utilisateurs ?
- Quelle corrélation entre le sexe des utilisateurs et leurs pratiques sur Facebook ?
- Quelle corrélation entre les compétences Web d’un utilisateur et sa gestion des paramètres de confidentialité sur Facebook ?
Et les résultats de ces travaux montrent que la population interrogée a changé au moins une fois entre 2009 et 2010 ses paramètres de confidentialité. Ces changements deviennent plus réguliers à partir du début 2010 et concernent une proportion de plus en plus importante.
Un élément qui est à mon avis assez important à relever concernant cette problématique, c’est l’évolution de la notion de la vie privée. Même si les jeunes ont tendance à publier des contenus qui sont pour certains qualifiés de « privés » voire « intimes », ils continuent à maîtriser ces actions de publication en toute conscience.
Google et la CIA investissent pour la surveillance du Web (invisible)
Posté par Aref JDEY dans E-réputation, Veille le 29 juillet 2010
Les prédictions commencent à se matérialiser tout doucement. Après la prise de participation de In-Q-Tel dans Visible Technologies, l’éditeur américain de veille Web et social media monitoring, c’est au tour de Google de marquer son territoire. La cible s’appelle Recorded Future, fondée par un ancien militaire suédois et composée d’une équipe de diplômés du MIT, Cambridge and Co…
Concrètement, Google via son entité d’investissement Google Ventures, et la CIA via In-Q-Tel, se rapprochent de l’éditeur Recorded Future, pour sa capacité de fournir des applications de surveillance du Web et de « prédiction du futur », basées sur l’étude des liens cachées entre les données et les documents collectés. L’éditeur explique dans une publication sa notion d’analyse temporelle et son mode de fonctionnement.
L’intérêt de Google dans ce type d’investissement réside principalement dans la technologie développée, même si l’apport financier ne garantit pas forcément et toujours une viabilité de l’offre à long terme. La consolidation du marché des éditeurs de veille se renforçant progressivement, la dernier trimestre 2010 peut annoncer des nouveautés. Radian6 est à priori ‘intouchable’ car sur-valorisé, des éditeurs comme Synthesio, Filteris ou Attentio restent encore des cibles potentielles d’acquisition. Donc affaire à suivre.
EvoPlay : Ecoute de la toile et cartographie interactive
Posté par Aref JDEY dans Cartographie, E-réputation, Réseaux sociaux le 25 juillet 2010
La firme canadienne Conversition (qui est pour information dirigée par 3 femmes au parcours scientifique remarquable) propose depuis peu une démonstration de son savoir-faire dans l’écoute de la toile, la surveillance des contenus numériques et l’exploitation de la cartographie interactive. Evoplay, le service en question disponible gratuitement, scrute 7 catégories de sources : presse et médias de masse, microblogging, réseaux sociaux, les services de question-réponse…
Le contenu collecté à propos d’une marque, un produit, un évènement…est restitué sous forme de carte dynamique et navigable, qui est par ailleurs ergonomiquement bien réussie. Un jeu de couleur type carte de chaleur précise la tonalité du contenu et des propos tenus. Même si cette dernière fonctionnalité est à considérer de manière attentive pour mieux comprendre son fonctionnement, je trouve le résultat final assez parlant et utile.
Cette offre confirme une tendance de fond qui se manifeste depuis quelques mois, autour de la cartographie interactive.
Rapport Forrester Wave 2010 sur les plateformes de veille image
Posté par Aref JDEY dans E-réputation, Outils de veille, Veille le 14 juillet 2010
En ce début de semaine, le groupe Forrester vient de publier son fameux rapport « The Forrester Wave » pour le troisième trimestre 2010 concernant les plateformes de veille image. Principale conclusion, qui rejoint d’ailleurs ma vision déjà décrite ailleurs, concerne la fragmentation du marché, et donc une tendance vers la consolidation des acteurs.
Ce rapport passe en revue 9 éditeurs et présente une grille de notation de chaque offre logicielle selon 12 critères différents. Nous retrouvons ainsi 3 acteurs en position de leader : Radian6, Nielsen et Converseon. Il faut noter par ailleurs qu’aucune offre française n’est prise en compte dans ce rapport, comme Synthesio, Spotter ou Digimind.
Mise à jour : Pour des questions de droit d’auteur selon la Citation Policy de Forrester, les extraits et contenus du rapport ne sont plus disponibles.
E-réputation : Marketwire rachète Sysomos
Posté par Aref JDEY dans E-réputation le 8 juillet 2010
La consolidation du marché de la e-réputation se poursuit avec l’annonce récente du rachat de l’éditeur canadien Sysomos par Marketwire. Ce dernier élargit ainsi son offre de service et renforce sa gamme par l’intégration de la surveillance des médias sociaux.

Ce rachat n’a pour le moment aucun incident sur les utilisateurs clients des services MAP, Heartbeat et Audience. Quant aux 2 fondateurs de la société, ils continuent à piloter et diriger les activités de l’éditeur en lien direct avec Michael Nowlan, Chief Executive de Marketwire.
Social Media Listening, Measurement, and Engagement Primer
Posté par Aref JDEY dans E-réputation le 3 juin 2010
C’est le titre d’un livre blanc tout récent, publié par l’éditeur Radian6, spécialiste de la veille image et de la e-réputation (dont vous aurez très prochainement et en exclusivité une revue détaillée). D’une clarté et fluidité propres à Radian6, avec un style de vulgarisation et concret, ce whitepaper revient sur la démarche type d’une veille sur les médias sociaux en terme d’actions à mener, de pièges à éviter mais aussi de bonnes pratiques.
Il présente en 3 étapes, selon l’approche anglo-saxonne, et en 5 chapitres, un ensemble de conseils et recommandations relevant du bon sens général et de la conduite de projet efficace. Ce schéma résumé très bien son contenu :
E-réputation : Benchmark d’applications de veille image
Posté par Aref JDEY dans E-réputation, Outils de veille, Veille le 3 juin 2010
La firme britannique FreshNetworks a publié récemment un whitepaper présentant un benchmark de 7 applications de veille image, spécialisées dans la surveillance des marques et la e-réputation. Ce document pointe notamment la « fausse promesse » faite par les éditeurs concernant l’analyse des tonalités ou l’analyse sentimentale. La pertinence des résultats est loin d’être à la hauteur des attentes, comme je l’ai expliqué par ailleurs.
Les applications prises en compte dans ce benchmark sont les suivantes :
- Alterian
- Biz360
- Brandwatch
- Nielsen BuzzMetrics
- Radian6
- Scout Labs
- Sysomos
La comparaison a porté sur un ensemble de critères, comme on peut le voir dans cette capture d’écran :
Le livre blanc est téléchargeable à cette adresse, après une inscription via le formulaire en ligne.
Internaute ! Es-tu exhibitionniste, intermittent ou spectateur ?
Posté par Aref JDEY dans E-réputation le 28 mai 2010
Il s’agit de 3 profils parmi 5 d’internautes français, en fonction de leur rapport à la notion de la vie privée sur Internet, selon une étude TNS Sofres pour Microsoft. Nous y trouvons ainsi quelques conclusions du type :
- 53% des internautes (de l’échantillon) ont effectué des recherches sur une personne de leur entourage via le Web
- Seulement 4% vérifient régulièrement ce qui se dit sur eux sur le Web
- Moins d’un français sur 2 estime qu’il est facile de maîtriser les données personnelles diffusées sur Internet

Et comme c’est Microsoft qui en est le commanditaire, cette étude présente des résultats oh combien « favorables » à la posture de l’éditeur américain avec son nouveau navigateur IE8







