Facebook GraphSearch, l’outil ultime du profiling ?

Avec l’annonce de la mise en ligne progressive de Graph Search, Facebook entame une nouvelle ère dans la recherche dite sociale, et qui serait probablement la recherche par défaut et implicitement adoptée par les internautes pour les 10 prochaines années. Rappelez vous du passage de la recherche Yahoo / Altavista à la recherche Google.

Fort de ses centaines de millions d’utilisateurs actifs, qui en toute confiance, partagent un certain nombre de détails sur leurs habitudes, affinités, goûts, amitiés, tendances, etc, Facebook dispose désormais d’une base de données qualitative et relationnelle des plus pointues et larges au monde. Graph Search vient donc matérialiser les relations existantes entre ces différents utilisateurs, potentiels générateurs de revenus de la firme américaine.

Comme toute technologie, il serait dangereux de se positionner en affirmant que c’est « bien » ou « mal ». De toute évidence, elle ne sera jamais neutre. Si Graph Search permet par exemple d’affiner les recherches pour les chercheurs d’emplois, d’accéder à des membres de communautés ciblées pour des marques et des annonceurs, ou encore de faire de la généalogie, les risques de détournement d’usages restent d’actualité.

Retrouver des probables amants pour avoir afficher certains goûts, ou encore identifier des tendances politiques extrêmes, tout comme disposer d’une liste de personnes aux orientations sexuelles interdites dans certains pays, peuvent être des pistes dangereuses, étant donnée la finesse du profiling que propose Graph Search.

Graph Search

Les exemples ne manquent pas, puisque même des sites dédiés commencent à voir le jour comme Actual Facebook Graph Searches, qui recense les possibilités délicates de profiling et de recherches sur le réseau social. Et bien évidemment, il n’existe pas d’option spécifique d’Opt-Out qui vous permet d’éviter les dérives.

C’est bien là que les propos et les arguments de Jeff Jarvis, dans Public Parts, prennent toute leur importance, puisque par défaut, nous sommes actuellement dans une société où la sphère privée n’existe quasiment plus, et où la majorité des données et évènements deviennent publiques, d’une manière ou d’une autre. Ce qui nous pousse évidemment à adopter une posture plus souple et agile, avec une meilleure maîtrise des usages et une nouvelle alphabétisation numérique.

Toutefois, et ça c’est un comble, il n’est encore pas possible de retrouver ses propres publications (images, statuts, commentaires…) via un formulaire de recherche en bonne et due forme.

Articles similaires:

0 Posted on 23 janvier, 2013 by Aref JDEY

Partagez cet article avec la communauté !