Google, WTF ?

Google, Wikipedia, Twitter et Facebook (d’où le WTF), ces 4 majors médiatiques et médiateurs d’accès à l’information, sont au coeur même de plusieurs transformations lentes, progressives et peu visibles.

Qui n’a pas aujourd’hui le réflexe, même pour une question ou interrogation complexe, d’aller directement sur Google ou si la question lui est posée de répondre : « vas sur Internet », autrement dit, vas sur Google, et tu tomberas forcément sur Wikipedia. Et ceci concerne autant le réchauffement climatique que le blanchiment d’argent tout comme les systèmes de notation scolaires. De la même manière, ceci concerne autant le professeur que l’élève, le consultant comme le client, etc.

Sur un autre niveau, et notamment pour les actualités, c’est le duo Facebook et Twitter qui prend le relais, en y rajoutant du contenu multimédia, sans forcément assurer le minimum de vérification des sources et de recoupement.

Mais ce qui est beaucoup moins visible à l’oeil nu et quasiment absent de la réflexion de beaucoup lors de cet exercice d’interrogation c’est que ce groupe de 4 majors, donnent l’illusion d’une accessibilité universelle à l’information. Alors que ce n’est pas toujours vrai. Tout n’est pas disponible sur le Web.

Ensuite, interroger Google & WTF est beaucoup plus facile et moins compliqué que de faire fonctionner sa matière grise quelques instants et se poser les bonnes questions. Vu le niveau de personnalisation actuel, il y a de fortes chances que Google, en l’occurrence (accessoirement Facebook) vous transmette des résultats qui « vous conviennent » et qui s’alignent sur vos croyances, avis et positions. Autrement dit, vous sous-traitez la fonction de réflexion à un automate. Vous déléguez votre intelligence à une suite binaire de 0 et 1.

Last but not least, les résultats de recherche rendus par Google, Twitter et Facebook sont linéaires, dans une logique cartésienne, ne facilitant pas la mise en perspective ni le recoupement. Ils jouent en quelque sorte le rôle d’un dépôt d’orientation. Et s’il n’y a pas un minimum de recul et d’esprit critique, il est évident qu’il s’agit d’une vision Googlesque ou WTFesque de l’information que vous allez obtenir.

Ces pratiques risquent de devenir des dérives généralisées et des habitudes ancrées, à moins qu’un travail de fond en matière d’information literacy et de nouvelle alphabétisation numérique soit entamé à tous les niveaux.

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0 Posted on 27 août, 2012 by Aref JDEY

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