Instapaper, Read It Later, Readability : nouveaux cimetières 2.0

Vous avez certainement remarqué le glissement des publications numériques d’un support à un autre et selon des volumétries variables : Blogs, Facebook, Twitter, etc. Le format est donc plus court, le temps de lecture est fortement réduit au profit des micro-messages, des gifs et des spots vidéos de 2 à 3mn. Ceci a été perçu comme une opportunité pour un certain nombre d’entrepreneurs, pour lancer des services de lecture ultérieure : sauvegarder un contenu en ligne, toutes plateformes confondues, le nettoyer des attributs bruyants comme la publicité, les frames, etc, pour se concentrer uniquement sur la lecture.

Exemple de l’application Instapaper pour iPhone

L’apport de ces services est indéniable : confort de lecture, concentration supplémentaire, annotation, partage, etc. Pour ma part, mes lectures en lignes se font quasiment de manière exclusive sur Readability, et je passe plus de temps en lecture mobile depuis que j’ai adopté ce service.

Toutefois, le risque se trouve à proximité. La peur de passer à côté de certaines publications, de certaines informations fait qu’il est désormais plus facile, par le biais d’un clic ou d’un toucher, de transférer ce contenu sur Instapaper par exemple, et être rassuré de pourvoir le lire plus tard. Mais c’est un leurre, c’est une manière de se déresponsabiliser que de penser qu’un tel service va vous sauver de la démultiplication des données. Votre journée ne fait que 24h, vous n’avez pas plus ou moins de temps que d’autres. Ce sont vos priorités et votre manière de les gérer et les affecter qui conditionne le tout.

Car quelques semaines après, vous allez vous retrouver avec des dizaines et des dizaines d’articles à lire, sans avoir même pu commencer à lire et supprimer les premiers. C’est rassurant pour vous, d’avoir à portée de clics vos contenus, sauf qu’une bonne partie serait déjà dépassée et n’aura plus de valeur, par exemple.

Cet exercice répétitif, de repérer les bons articles à lire ultérieurement, se transforme au bout de quelques semaines, en habitude voir en automatisme.  (C’est valable aussi pour les favoris Twitter qui datent de plusieurs mois voire années !) Et là vous êtes face à vous même, sans que vous ayez le courage de le dire à haute voix en toute responsabilité : je supprime TOUT, pas envie de poursuivre à stabiliser un état de savoir imaginaire. Car face à ces cimetières 2.0, c’est un exercice périlleux que de se frotter à ces limbes intellectuelles.

Une solution envisageable est de se restreindre pendant une trentaine de jours, à consulter et lire assidument, les contenus capitalisés, et ceux qui dépassent la période d’un mois, ils sont à supprimer. Il s’agit de se forger et d’intégrer une nouvelle habitude de travail, pendant ces 30 jours. Soit vous exploitez le contenu de manière directe : publication, référence, etc soit vous le supprimez directement après lecture.

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1 Posted on 13 août, 2012 by Aref JDEY · 5 comments

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5 comments

  1. Pedro

    Ah mais  c’est exactement ça en fait !
    Cela va dans le sens de beaucoup d’autres articles que j’ai pu lire ici. Le problème de la surcharge informationnelle n’a pas de réponse technique. Il n’y a qu’une réponse intellectuelle à ce problème.

  2. Chti Suisse

    Bonjour
    Personellement je lis très souvent mes articles Instapaper et je les classes ou je les purges.
    Pour ça 2 outils

    Instapaper accessible partout (web,mobile)

    et le kindle : chaque semaine si j’ai trop d’articles non lus ils sont assemblés et envoyés sur mon kindle

  3. Demain la veille

    La réponse technique n’est pas exclusive, et la réponse purement intellectuelle relèvera de la masturbation du même domaine.  Je pense que c’est utile de se focaliser sur le sujet de manière plus réaliste en abordant la problématique de manière globale.

  4. Pingback: Selma

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