Deuxième épisode de la série « 5 questions à » avec cette fois-ci comme invitée Catherine Lavallée-Welch, Associate Librarian pour la University of South Florida et membre de la « Information Technology Division of SLA« .
1- Petite présentation : profil, fonction, métier, centres d’intérêts…
Je suis la Associate Librarian pour la University of South Florida (USF) Polytechnic, située à Lakeland, en Floride aux États-Unis. Ce campus régional de USF existe depuis bientôt vingt ans mais son expansion (et son changement de focus vers un modèle polytechnique) est relativement récente. Je suis la première bibliothécaire de USF sur le campus – auparavant, les services de bibliothèques étaient assurés par une entente avec un collège local. Une de mes premières fonctions fut de préparer l’ouverture d’une bibliothèque sur le campus. Je suis une bibliothécaire solo (du moins, pour un certain encore) et je supervise une employée à temps plein et une à mi-temps. Je m’occupe de l’administration, des services d’instruction, de la référence et du développement des collections. Nous offrons tous les services habituels d’une bibliothèque, sauf les services techniques de commande et catalogage (faits pour nous par la bibliothèque centrale du campus principal).
Je suis diplômée de l’École de bibliothéconomie et des sciences de l’information de l’Université de Montréal. Pendant mes études à la maîtrise, et pour quelques années après, j’ai travaillé comme infothécaire pour différents projets sur le Web, notamment une bibliothèque digitale produite par une association francophone internationale. J’ai aussi travaillé comme courtière d’information où, hé oui, j’ai fais un peu de veille. En 2000, je me suis relocalisée aux États-Unis, à la University of Louisville, où je suis devenue une ‘’academic librarian’’.
Mes intérêts professionnels touchent l’utilisation des médias sociaux dans les bibliothèques et l’utilisation des technologies éducationnelles.
2- Comment les services d’information (documentation, veille, bibliothèque) peuvent-ils tirer avantage des médias sociaux ?
Pour une bibliothèque, les médias sociaux sont un moyen rapide, simple et gratuit (le plus souvent) de rejoindre ses usagers, actuels et potentiels. Les fils RSS sont des plus utiles pour rassembler des informations de différentes sources (pratique pour créer une page d’alertes ou de tables des matières de journaux scientifiques); ou alors, de diffuser des infos ailleurs.
J’ai commencé à publier un blogue professionnel en 2002, alors que je travaillais pour la University of Louisville, intitulé EngLib et qui était destiné aux bibliothécaires spécialisés en sciences et génie (EngLib existe toujours mais vu le changement de mes fonctions, le focus s’est tourné vers les bibliothèques universitaires.) J’ai très vite publié un blogue pour la bibliothèque elle-même. Quand j’ai changé d’emploi et déménagé en Floride, une de mes premières activités fut de préparer une page web pour les services de bibliothèque et publier un blogue. Vu que les fonctions de webmestre étaient (et sont toujours) centralisées, c’était la meilleure façon pour moi de communiquer directement avec mes usagers. Maintenant, je maintiens pour ma bibliothèque un blogue, une Page sur Facebook, un profil sur Twitter et un profil sur FriendFeed. Je publie des photos sur Flickr et mes vidcasts sur un ‘’channel’’ YouTube. Je réitère que je suis une bibliothécaire solo; les fils RSS me permettent d’automatiser une grande partie des opérations.
3- Quel positionnement du professionnel de l’information dans l’organisation à l’heure où une majorité des gens utilisent les nouvelles technologies ? Quelle valeur ajoutée peut-il apporter ?
Les nouvelles technologies ont modifié à la fois le contenant et le contenu. Le rôle des professionnels de l’information a changé : il est passé de celui du ‘’gardien du savoir’’ à celui de l’ ‘’éclaireur’’. Demeure que nous sommes encore ceux qui connaissent le plus grand nombre de ressources, celles qui sont les plus pertinentes, la façon de construire une recherche, comment évaluer les résultats, les trucs et les pièges.
Je reçois régulièrement des questions au sujet des lois sur la protection des droits intellectuels et du copyright. Les lois sont compliquées et les tentations du copier-coller sont grandes and faciles. Les bibliothécaires sont vus comme une ressource à cet égard.
La gestion et rétention des connaissances est un autre champ où les professionnels de l’information peuvent faire leur marque : Internet, Intranet, archives institutionnelles numériques (institutional repositories), etc.
Il est intéressant tout de même de constater que si l’usage des ordinateurs s’est répandu, il n’est pas dit que tous les utilisateurs y sont experts. Même chez les plus jeunes générations; en aidant mes usagers, il n’est pas rare que je doive expliquer certaines fonctions de logiciels de bureautique, ou des principes universels de navigateurs web (imprimer, sauvegarder, etc.)
4- Quels sont les facteurs clés de succès pour une meilleure valeur ajoutée des professionnels de l’information ?
Les professionnels de l’information et les bibliothécaires ne doivent pas hésiter à prendre des formations qui incluent plus de technologie et de gestion. Ceci leur permettra 1. d’être capable de produire eux-mêmes leurs idées pour de nouveaux services ou du moins d’être capable d’expliquer précisément ce qu’ils veulent à leur service technique et d’évaluer le produit final 2. de comprendre les fonctionnements internes de leur milieu et d’être en mesure de vendre leur idées et augmenter leur influence. Ceci compte autant pour les étudiants que pour les professionnels déjà en poste.
Une fois les formations perfectionnées, le processus doit continuer tout au cours de la carrière.
Un peu plus de visibilité dans l’organisation ne peut pas faire de tort non plus. Participer à des comités, se porter volontaire sur des projets pouvant potentiellement impliquer la bibliothèque, essayer de nouveaux produits sont des façons de faire valoir nos services.
5- Quelle perception avez vous de la documentation et de la veille en France ?
Je m’y connaît bien peu. Grâce à l’Office franco-québécois pour la jeunesse, j’ai quand même effectué un contrat à court terme en France, en 1996, à l’Infothèque du Pôle Universitaire Léonard de Vinci, à la Défense. Le fait que le Pôle avait déjà un service de veille bien développé pour des partenaires membres m’avait beaucoup attiré. À l’époque, les services de veille étaient encore peu connus (et je dirais encore plus au Québec). C’était un champ d’expertise qui m’attirait mais les opportunités professionnelles m’ont fait suivre un autre chemin.
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