L’espion qui venait d’Auvergne


Le camembert Coeur de Lion, les champignons, les chocolats Suchard…Des secteurs dans lesquels on a peine à imaginer un homme du renseignement. C’est pourtant dans l’agroalimentaire qu’Alain Juillet a passé toute une partie de sa vie. Enfin, d’une moitié seulement de son quotidien. Car ses semaines étaient également consacrées à une autre activité à des années lumières des linéaires de supermarchés. La nouvelle est rendue publique en 2002 lors de sa nomination comme Directeur du renseignement à la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) (2002-2003). A la plus grande surprise des acteurs de l’agroalimentaire. «  Je l’ai croisé pendant de nombreuses années sans jamais me douter que c’était un agent secret  », plaisantait, encore tout surpris, Christophe Bonduelle, patron du groupe éponyme, peu de temps après avoir appris la nouvelle. «  Les plus surpris ont été mes enfants qui n’en avaient pas la moindre idée et l’ont découvert dans la presse  », explique Alain Juillet. Quant à son épouse, elle l’est un peu moins : «  Quand j’étais officier au SDECE (ndlr : ancêtre de la DGSE), elle le savait d’autant plus qu’elle ne devait jamais me poser de questions concernant mes absences, mes déplacements et mon travail et n’en parler à personne. Ensuite, elle a découvert que j’avais continué des activités quand j’ai été nommé à la Directeur du Renseignement de DGSE  ».

Modergnat (15/06/09)

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