Rapidement, il est apparu que le comportement des ingénieurs devait évoluer pour que le système de veille soit pleinement efficace. « Pour les inciter à partager leurs informations, il fallait qu’ils puissent consulter eux-mêmes celles des autres », souligne le responsable de la veille. L’adhésion au projet est cependant laissée libre, la participation se faisant sur la base du volontariat. Le phénomène d’entraînement a amplement joué. Les sceptiques de la première heure ont rallié le projet quand ils se sont aperçus que leurs collègues déjà impliqués y trouvaient leur compte. « Ceux qui n’ont pas spontanément adhéré au pilote ont cependant vite réalisé qu’il valait mieux faire partie du système que de rester en dehors, observe Frédéric Goldschmidt. En fait, les réticences viennent plus souvent du niveau hiérarchique que des ingénieurs qui mesurent rapidement ce que la veille leur apporte. »
Evitant d’être directif, le responsable de la veille préconise un fonctionnement collaboratif où chacun accède à l’ensemble des informations du projet pilote et peut les valider. Les risques de dérapage sont minimes. « Les utilisateurs se montrent plutôt modestes et n’outrepassent pas leurs compétences, assure Frédéric Goldschmidt. Ils ne valideront pas une information s’ils ne s’estiment pas en mesure de le faire. » Et au besoin, il est toujours possible, grâce à l’outil mis en place, de solliciter une autre personne pour apprécier la validité d’une information ramenée par l’outil de veille. Un mode de validation hiérarchique est, cependant, parfois mis en place au départ et remis en cause si nécessaire.
01 Informatique (07/04/09)
