Premier conseil (de débutant) d’Yves Conversano, directeur de la principale école de détectives privés en France (IFAR): «Consulter les pages blanches.» Plus besoin de stocker les botins de tous les départements français pour rechercher par exemple l’adresse de la maîtresse du mari. «C’est tout bête, parfaitement légal et d’une efficacité redoutable», poursuit le détective qui forme une quinzaine d’étudiants chaque année. «Pourquoi prendre le risque d’enfreindre la loi, alors que 95% des informations sont accessibles facilement et en toute légalité», renchérit Alain Juillet, haut responsable de l’Etat chargé de l’intelligence économique depuis 2003. «C’est un peu comme si toutes les informations étaient servies sur un plateau», résume un agent, vingt ans de métier dans les bottes.
Par exemple, pour connaître le nom d’un gérant d’entreprise, «plus besoin de se taper quatre heures de queue au greffe du tribunal de commerce. On consulte Infogreffe.fr, et c’est une matinée de travail de gagnée». Et tout est à l’avenant : archives de presse, état civil… Internet accélère et simplifie les recherches, même si «le Minitel nous avait déjà bien simplifié la vie», tient à rappeler Alain Bernier, le président du principal syndicat (le CNSP-ARP). Il avoue au passage s’en servir encore un peu aujourd’hui.
Libération (09/03/09)









