Autre source de renseignement : les réseaux sociaux. Sur Facebook, nombre d’employés créent des communautés au nom de leur entreprise «Facebook est à double tranchant, estime Thanh Nguyen, directeur du cabinet de conseil en réputation sur le Web e-Walking. Certes, il peut afficher des salariés fi ers de leur employeur au point d’en faire mention sur leur profil, mais il sert aussi de caisse de résonance à des contenus plus critiques». L’Oréal compte ainsi environ 6 000 collaborateurs inscrits sur ce réseau, et des dizaines de groupes à son nom ou à celui de ses marques, rassemblant des membres qui, parfois, n’ont aucun lien direct avec l’entreprise.
Il arrive que des communautés de contre-pouvoir émergent. «Contre Areva, la pire entreprise française» regroupe 112 membres et dénonce l’activité nucléaire du groupe. Une autre, baptisée «Pour l’enfermement immédiat du gars qui a fait le site Voyages-sncf.com», comptabilise déjà 2 963 membres…Ces prises de parole inquiètent les DRH, qui craignent qu’elles ne détournent d’eux de précieuses candidatures. Ils n’ont pas tort. Selon l’étude de Publicis Consultants RH, 42% des cadres ont recherché sur le Web 2.0 des conseils ou des témoignages sur une entreprise où ils envisageaient de postuler. «Les salariés ont la même démarche que dans le cadre d’un achat sur Internet. Avant de s’engager, ils s’informent et comparent en surfant», note Jacques Galvani, vice- président de Publicis Consultants RH. Or les contenus sont parfois lapidaires. Ainsi on lit sur Notetonetreprise.com à propos d’une grande SSII qu’«il y règne un vent de ras-le-bol perceptible à tous les échelons. Cela se ressent par des tensions fréquentes».
«Le problème avec l’anonymat des commentaires, c’est qu’ils favorisent les informations critiques ou erronées», note Pierre Polycarpe, senior consultant à Taleo, cabinet de solutions en e-recrutement. Sur Forum.hardware.fr, un consultant d’un grand cabinet d’audit regrette que «les salariés soient traités comme du bétail, enchaînant des horaires de fou», tandis qu’un autre, ingénieur d’un industriel de la défense, juge que, dans son entreprise, les «augmentations et l’évolution de carrière sont arbitraires, dépendent avant tout du diplôme et non des performances».







