Je lance une nouvelle série de billets sous forme d’interview de certains blogueurs connus dans le monde des TIC, marketing, web 2…concernant leurs pratiques en matière de veille. La première personne que j’aurais le plaisir de vous présenter aujourd’hui est quelqu’un que j’estime et j’apprécie beaucoup. Quelqu’un qui a de la passion pour son métier et qui a su se démarquer par sa transparence et sa force de caractère. Il s’agit de Michelle BLANC, l’un de mes premiers lecteurs canadiens, et qui a été le tremplin vers le public canadien pour ce blog. Je vous laisse donc avec cet échange et je remercie Michelle pour sa sympathie et pour avoir accepté de participer à ce jeu
On commence par une petite présentation ?
Michelle Blanc est
l’une des premières titulaires de la M.Sc. Commerce électronique, avec
une spécialisation en gestion, au Canada. Madame Blanc a de nombreuses
publications scientifiques, de recherches, didactiques et de
vulgarisation en plus d’animer le blogue michelleblanc.com qui est l’un
des coups de cœur de la prestigieuse revue de marketing française
Strategies.fr et son blogue est classé comme l’un des plus influents
blogue techno francophone mondial selon plusieurs sources. Elle est
aussi coauteure de Pourquoi Bloguer dans un contexte d’affaires a aussi
été impliquée dans de nombreux mandats d’analyses, de stratégies et de
conseil de gestion et de marketing Internet dans un grand éventail de
secteurs industriels. Mme. Blanc a prodiguée ses conseils stratégiques
et analyses, aussi bien pour des entreprises Fortune 500, que des PME
ou organisation gouvernementale ou associative au Canada et à
l’étranger. Elle fait d’ailleurs partie du groupe des 50 experts
canadiens consultés par Industrie Canada afin de déterminer les
objectifs et politiques du gouvernement du Canada en matière d’économie
numérique pour le marché intérieur ou pour la position canadienne aux
forums internationaux comme l’OCDE. À titre de conférencière, madame
Blanc a débuté son parcours à l’illustre Council on e-business
innovation du Conference Board of Canada et as par la suite fait de
nombreuses conférences ici et ailleurs.
Madame Blanc est aussi la
cofondatrice et présidente de Yulbiz.org, groupe de gens d’affaires qui
s’intéressent aux blogues et de blogueurs qui s’intéressent aux
affaires. Deux ans après sa création, Yulbiz est déjà dans 5 pays.
Pourquoi faites vous de la veille ?
Je
fais de la veille afin de savoir et de comprendre qu’elles seront les
tendances technologiques, marketing et communicationnelles qui
apporteront des bénéfices d’affaires à mes clients.
Pouvez vous nous décrire vos pratiques de veille ?
Je lis les blogues, les magazines spécialisés et j’utilise de plus en plus Twitter comme source d’informations pertinentes.
Combien d’heures consacrez vous à la veille par semaine (en moyenne) ?
Je
fais de la veille 5 heures par semaine pour mon blogue et plusieurs
heures additionnelles qui sont payés par mes clients et ces heures
varient en fonction des mandats qui me sont octroyés.
Quelles
sont les difficultés que vous rencontrez lors de vos veilles ?
Avec l’expérience et la connaissance des outils et
des corpus, je n’ai pas de difficultés particulières étant donné que je
suis rapidement capable de juger de la pertinence de mes sources.
Quelles solutions avez vous mis en place pour les contourner ?
Grâce
à des outils comme Technorati ou Wikio qui permettent de visualiser
rapidement l’influence d’un blogue, je n’ai pas de difficulté
particulière à évaluer la pertinence.
Selon vous,
pourquoi la veille est nécessaire à l’heure des médias sociaux : 1/
pour les individus 2/pour les entreprises 3/ pour l’Etat
La
veille est nécessaire pour les individus puisqu’ils doivent « contrôler
» leur image personnelle sur le web parce que de plus en plus
d’employeurs visiteront leurs divers profils afin de décider de les
embaucher ou de leur donner (ou non) une promotion. Pour les
entreprises, la veille permet d’acquérir une avance concurrentielle sur
la compétition, permet de savoir quels sont les innovations
susceptibles d’accroître les bénéfices, augmenter la satisfaction
client ou de baisser les coûts. De plus, les entreprises se doivent de
suivre les conversations à leur propos (brand monitoring) afin
d’améliorer les lacunes que leurs services ou produits peuvent avoir et
d’instaurer un dialogue avec les clients, dialogue qui peut déjà avoir
lieu à des endroits divers de la toile.
Pour les gouvernements,
la question de la démocratie en ligne devient de plus en plus
importante. On se rend compte aussi à quel point aux USA ou en France
le marketing politique se fait de plus en plus en ligne. La veille,
dans ces circonstances, deviens un outil essentiel d’appréhension des
changements et de mise à jour des politiques gouvernementales. Par
exemple, dans la rédaction des lois nationales, il devient de plus en
plus pertinent de comprendre les mouvances technologiques et
sociologiques qui existent sur le Web, afin de rédiger des lois qui
seront efficaces et qui prendront en compte les réalités numériques qui
peuvent être très différentes des réalités physiques. L’économie
numérique a aussi ses propres contraintes qui divergent avec celles des
économies traditionnelles. Il est donc important pour les instances
gouvernementales de comprendre et de s’ajuster à ces réalités.
Finalement, dans l’aspect service aux citoyens, les gouvernements ont
des économies d’échelles importantes à faire s’ils arrivent à numériser
leurs prestations aux citoyens. Ils se doivent donc d’en comprendre les
mécanismes efficaces…
Des prédictions pour 2009 ?
L’entrée
massive des jeunes de la génération Net va changer radicalement les
manières de gérer les TI dans les entreprises. Ces jeunes ont
l’habitude de l’informatique personnelle qui est beaucoup plus en
avance que l’informatique d’affaires et ils vont exiger d’avoir accès
aux outils qu’ils connaissent (pensons à Skype, Facebook, blogue, chat,
etc.). Twitter est aussi un outil qui m’excite beaucoup. Ce n’est pas
encore un outil qui est utilisé par la masse, mais les utilisateurs
précoces qui y sont déjà, sont les « supergeek » qui sont aussi les
blogueurs influents et se retrouvent dans le 2e groupe le plus influent
du Web, après les médias traditionnels. Il est donc impératif de
comprendre de quoi ils discutent entre eux et de débuter un dialogue
avec eux. Ce dialogue pourra se retrouver dans leurs blogues pour être
ensuite repris intégralement par les médias traditionnels.
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